lundi 6 mars 2023

Cet imposant album d’un trio lillois nous semble familier sans que ce ne soit exactement identique à quoi que ce soit. Si on tente de retrouver son chemin, on est très vite tentés de s’y perdre pour mieux s’y fondre. Le chant très expressif dès Deer Flight, un peu comme si Patrick Wolf s’était mis au post-punk poisseux et éructait (aboyait même sur Revenge). On y secoue lentement la tête pendant que la clarinette prend ses aises. C’est post-punk peut-être dans la sècheresse occasionnelle et l’aspect anguleux mais le style est plus large que ça.
Surtout quand on se frotte à des morceaux plus atmosphériques comme A Glowing Whale, où la clarinette prend la tangente sur un fond dense et envoà »tant. La solidité de l’ensemble est dingue en général, avec un esprit de bastringue déviant pour garder un peu de mystère et de danger. Il y a de la puissance sans énervement sur Sturm qui pratique une langue allemande qui convient forcément bien. Quant à l’envoà »tante fin de Farewell Song, elle convoque les plaisirs du post-rock pour parachever ce délectable banger lent.
La tension qui s’installe et ne débouche pas toujours sur de la fureur. Même si State of Fear fait tout pour que cette pression s’échappe. Dans une lignée de formations qui mélangent dans un lourd chaudron des influences chaudes et froides, il faut avouer qu’on n’avait jamais vraiment entendu ça comme ça. Et ça décoiffe...
Il est étonnant qu’un style de musique à la fois ancien et de niche comme le krautrock a une vivacité et une variété bien actuelles. Une des incarnations les plus intéressantes était le projet d’Antoine Messager Pasqualini qui de trio redevient solo pour cet album.
On entend certes des voix sur plusieurs morceaux mais le traitement est fondamentalement différent de ce qu’on entendra bientôt (…)
Anthony Laguerre est un personnage récurrent de ce site, il est intervenu dans presque toutes les saisons. Si on avoue avoir passé un peu l’épisode IKI en accéléré, on l’a apprécié autant chez Filiamotsa que L&S, chez Piles comme Club Cactus, tout seul ou avec Jérôme Noetinger. Ici, il est ici flanqué des deux violonistes Bastien Pelenc et Mathieu Werchowski pour un résultat décoiffant qui (…)
Il était temps que je vous parle de U2. Ah non, ce n’est pas ça... Parce que si oralement on pourrait confondre le nom du projet du jour avec les célèbres Irlandais, ce que vous entendrez ici est radicalement différent. Il y a tout juste un an, on découvrait avec un plaisir certain les Canadiens de You Doo Right. Leur rock instrumental était fort, puissant, poussé par une rythmique assez (…)
Les gens qui mettent en musique les films qu’ils ont dans la tête ne sont pas rares. A une liste qui contient déjà des noms comme Ô Lake ou Abraham Fogg, il conviendra d’ajouter ce multi-instrumentiste. Mais il se distingue aussi de ses correligionaires par l’emploi presque exclusif de sons organiques. Le résultat est donc exempt de beats (mais pas de rythme comme on le verra).
L’effet le (…)
Déjà bien présents en nos colonnes l’an passé, les artistes venus de Suisse reviennent d’emblée pour enchanter l’année qui ne fait que débuter. Le quatuor du jour propose un premier album expressif mais qui évite toute dérive pompière. Et on aime beaucoup.
Parce qu’écoute après écoute, cet album s’est révélé plaisant, voire même addictif en ces temps de sorties plus parcimonieuses. Des (…)
Les mélanges de post-punk et kraut sont fréquents tant ces deux tendances visent une tension extrême. Et les réussites sont légion, avec Squid comme réussite récente. Mais le quatuor français Spelterini a toujours poussé les choses un peu plus loin, dans une radicalité assez fascinante. On n’est donc pas étonnés de les retrouver sur le label Kythibong, pourvoyeur de bonnes choses exigeantes (…)
Comme c’est souvent le cas, découvrir un.e artiste implique de bien vite en découvrir d’autres projets. On vous parlait il y a peu d’Eilis Frawley et son atypique et attachant album et la voici en batteuse inspirée qui a une belle part dans la réussite de cet album. On entend clairement sa voix sur plusieurs morceaux Self Destruct mais elle n’est pas la seule à assurer le chant.
Quand les (…)
Certes il y a les historiens, mais rien ne vaut ceux qui ont vécu une époque. Ce n’est pas un hasard si c’est un authentique Wireophile qui a attiré notre attention sur cet album (et il en parle très bien). Bassiste et fondateur des légendaires Wire, Graham Lewis a déjà sorti des albums quand la plupart des défenseurs actuels du genre (Squid par exemple) n’étaient pas nés. En sus du groupe de (…)