mercredi 23 août 2006, par

Et si c’était là qu’ils avaient voulu aller ? C’est la question qu’on peut se poser légitimement à l’écoute du cinquième album de Supergrass.
Si le pop-rock carré avait atteint son apogée sur In it for the money, les deux albums suivants n’avaient pas laissé un souvenir impérissable, faute de compositions convaincantes pour appuyer le virage de la complexité.
Si cet album était en filigrane des deux précédents, le plaisir vient du caractère immédiat des compositions. Tout est-il si différent ? Non, pas vraiment, mais il faut accepter cet état de fait, c’est une des joies de la musique.
Le premier morceau (Tales of endurance part 4,5 & 6) qui doit sans doute évoquer la Sarthe où cet album a été enregistré) installe d’emblée l’ambiance. Elle sera sereine, mélodique et variée. Il y a un peu de tout, de l’intro à la guitare acoustique, des cordes et des cuivres, mais tout reste relativement discret et parcimonieux. Tout pour la musique quoi. De son côté, St Peterbourg constitue une grande réussite tant mélodique que d’arrangement qui l’appuient sans l’écraser (comme un bon kiné quoi).
Dans le même ordre d’idées, Sad girl a une mélodie aussi convaincante.
Les arrangements au violon sont légion. Ne pas sonner variété est un exploit pour Roxy, même si l’ampleur pourra rebuter les habitués à un rock plus âpre et dépouillé. Est-ce qu’il faudra ressortir le terme de pop progressive ? Ca se pourrait. Même si, parfois, on frise un peu le too much. Ou alors c’est moi qui ai une allergie aux choeurs (Low C) est un rien trop répétitif et ampoulé). Par contre, les récréations sont plutôt maîtrisées (Coffee in the pot).
S’il fallait chercher des influences, on songera aux seventies pour des morceaux enlevés (Kick in the teeth - Road to Rouen) ou plus calmes (Low C). Est-ce la voix echoïsée (marque de fabrique de Supergrass) qui évoque le Lennon en solo ?
Enfin un groupe qui ne rappelle pas les années ’80. Fini le jeu des sept erreurs et des citations vintage. C’est aussi ça qui oxygène la tête et qui me plait en ce moment.
L’album de la maturité. Ca sonne un peu péjoratif comme ça mais il fait rentrer Supergrass dans une autre dimension. A l’heure de la déferlante de premiers albums anglais, on retrouve ces presque anciens avec un plaisir non dissimulé. Un bon album en somme. (M.)
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’âge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)