Accueil > Critiques > 2024

Tinlicker - Cold Enough For snow

lundi 19 février 2024


Chacun va mettre sa ligne rouge sur cet album du duo de producteurs bataves Micha Heyboer and Jordi van Achthoven. C’est forcé tant cet album oscille entre trop et beaucoup trop, délicatesse et évanescence. Mais il est aussi impossible de ne pas trouver son compte non plus. Ce continuum qui va de la pop dansante et cotonneuse à du matos pour une rave à 4 heures du matin est en tout cas assez cohérent.

Comme il s’agit d’un album de producteurs, ils font logiquement appel à des voix invitées. Comme c’est parfois le cas, les morceaux sans renfort vocal peuvent être plus percutants. C’est le cas ici avec Revolution. Les voix sont donc souvent un élément d’adoucissement. Notons que celle de Julia Church est un peu lisse pour nos goà »ts alors que le timbre de Brian Molko se distingue toujours.

L’EDM n’a jamais été notre style préféré mais il faut convenir que Nothing To Lose reste du bon côté de la barrière, grà¢ce à des sons qui gardent une certaine sobriété. On ne va donc pas bouder son plaisir, tout comme sur la dance plus enlevée de Who I’m Not (avec Cloves). Au rayon des plaisirs même pas coupables, Crossroads et In Your Eyes ont leur son petit air de Moderat (qu’ils ont déjà remixé) et c’est fort plaisant.

A l’inverse, This Live avec Tom Smith d’Editors est quand même du côté Coldplay de la force et Les drops de Who I’m Not semblent un peu trop téléphonés. De l’autre côté de la ligne il y a aussi Strawberry, son saxophone et ses cordes un peu trop sucrées. L’album évolue vers de le dancefloor, devenant plus ‘dur’ et plus intéressant aussi. On reconnait la patte de DJ’s, rompus à l’exercice pratiqué à Tomorrowland notamment. Et on a une descente aussi, ils se chargent de tout. Mais à jeun, au casque, tout seul et en pleine journée, ce ne sont certainement pas les meilleures conditions d’écoute pour Pretender.

Oscillant entre brillant et bourrin, délicat et trop délicat, cet album est forcément contrasté pour nous. Mais si on y est revenus, c’est qu’il y a assez de raisons de s’enflammer (sur un dancefloor virtuel) et que l’énergie est une force (ce que tous les physiciens sérieux contesteront).


Répondre à cet article

  • Chevreuil - Stadium

    L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
    La (…)

  • La Jungle - An Order of Things

    Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)

  • Snake De – Alla Sorrentina

    Certains labels sont une promesse. En se frottant à une sortie de l’aventureux Kythibong, on sait qu’on s’embarque pour une aventure. D’autant plus que la cheville ouvrière Aymeric Chasleries est ici à la manœuvre, associé à Maxime Canelli.
    Le nom de la formation est tiré du jeu Nokia Snake 2. Au-delà de l’anecdote, on sent qu’une envie ludique domine largement ici. Utiliser des instruments (…)

  • Sparkling - We

    On vous avait déjà parlé de l’éclectisme des Allemands Sparkling et si cette caractéristique se retrouve toujours, ils ont sensiblement déplacé le curseur. Exit la composante post-punk ou les allusions à Wire, le virage est plus pop. Et réussi comme on va le décrire.
    D’emblée, We sonne presque comme du Sparks. Et cette veine se retrouvera au détour des plus rentre-dedans et électriques (…)