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Mono - Oath

vendredi 28 juin 2024


Ce qui est rare est précieux. Et dans un contexte musical où le post-rock se raréfie, les plaisirs que confèrent une formation comme Mono ne sont pas reproductibes par d’autres genres et deviennent d’autant plus précieux. Mais cette rareté ne confère pas pour autant le statut de chef-d’œuvre au moindre album du genre, loin s’en faut même.

Une fois ces généralisations balancées, penchons-nous sur le cas du douzième album des Japonais. Comme vous le devinez, la révolution n’est toujours pas en vue. Mais ça n’empêche pas les albums d’arborer des teintes légèrement différentes. Elles seront plus placides cette fois-ci mais si les ruptures ne sont pas légion, il y a suffisamment d’intensité pour rendre cette balade de 71 minutes bien agréable. Signalons aussi que comme souvent, c’est le regretté Steve Albini qui est aux manettes, de quoi encore augmenter la nostalgie naturelle qui se dégage de cet Oath.

C’est un album qu’on peut définir aussi par défaut plus que par excès. Un rien moins de frissons, pas de déflagration ici. Pas plus que de tentations symphoniques comme sur d’incroyable Hymn of the Immortal Wind. Mais ce n’est pas sec pour autant, la plage titulaire proposant des violons et ce martèlement de caisse claire auquel on doit tant. Exit aussi les sons plus électroniques de Pilgrimage of the Soul. Même si on en retrouve quelques traces sur les plages de transition, les morceaux restant ainsi plutôt compacts pour le genre. Il en résulte paradoxalement une certaine dilution.

Pour le reste, les plaisirs sont connus. Répétition et le son qui s’épaissit, zébrures d’éclair de We All Shine On, montée placide de Run On. Mais pas trop de grosse distorsion, même si les couches sont nombreuses sur Hear The Wind Sing. Et puis ça reste un groupe foncièrement romantique comme en témoigne Moonlight Drawing.

On ne va pas faire semblant que la chair de poule a duré plus d’une heure, ni même qu’elle est venue souvent. Mais le savoir-faire des Japonais est indéniable et les retrouver de temps à autres reste un plaisir à peine coupable.


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