vendredi 27 septembre 2024

Si le hasard ou l’habitude vous guident vers ces colonnes, c’est qu’une certaine curiosité musicale vous titille. Partant de ce postulat, on se permet souvent de plonger dans des pans plus aventureux de la musique, quitte à s’y perdre parfois. Cet album parait sur Ormo records qui nous avait déjà gratifié d’œuvres comme Alan Regardin ou No Tongues, défricheurs de possibles (ref belge) musicaux. On a déjà signalé que pour les projets les plus barrés (on dit ‘pointus’, je sais...), la démarche importe aussi. Dans le cas qui nous occupe, la démarche est carrément littérale puisqu’enregistrer des instruments en mouvement est au cœur du processus créatif.
Ce projet coordonné par Matthieu Prual fait donc la part belle au field recordings donc, notamment des bruits d’eau ou des chants d’oiseaux et de pas (c’est logique). Mais les lieux d’enregistrement ont aussi leur importance. VIP a été enregistré dans la base sous-marine ultra-résonnante de Saint Nazaire, Sainte Marguerite dans une alcôve percée d’une fenêtre donnant sur l’Atlantique, nichée sous un escalier du sentier des douaniers, entre espace urbain et maritime.
Le résultat nous vaut donc moins des morceaux que des invitations à l’immersion et est presque ambient parfois mais toujours éminemment organique. Evidemment qu’il y a des instruments mais s’ils se répondent, ce sont plutôt des ’riffs’ sur Marche sur l’Epaisseur, comme un dialogue d’êtres étranges. Bref, cette écoute n’est jamais exigeante, varie les climats pour un moment de découverte. Débrouillez-vous avec ça. Ou plutôt, écoutez...
Il peut y avoir une certaine fascination pour les choses qu’on ne comprend pas tout à fait. En matière de musique électronique qu’on survole avec plaisir mais dont on ne perçoit que rarement la profondeur, certains artistes séduisent sans qu’on arrive tout-à-fait à expliquer pourquoi. Ricardo Villalobos ou Ellen Allien, avec leur fausse sècheresse et leur inventivité sous-jacente font (…)
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
Après avoir revisité sa jeunesse suisse (…)
L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
La (…)
Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)