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Sophia Djebel Rose - Sécheresse

lundi 17 février 2025


Rien n’est plus plaisant que de constater l’évolution des artistes. On avait déjà rencontré l’univers particulier de Sophie Djebel Rose, apprivoisé son ton particulier, on apprécie d’autant plus la façon dont elle élargit elle-même son univers. Moins folk, plus franchement gothique, ce second album la rapproche d’artistes comme Anna von Hausswolff dont elle ne partage pourtant pas la rage (parfois) rentrée. Le chant est toujours très expressif mais est mixé plus bas, ce qui est une bonne idée et accentue le mystère, privilégiant les ambiances.

Dans ce contexte, une chanson médiévale authentique comme Blanche Biche est très à sa place, et est une matière première de choix qui se prête admirablement à ce traitement plus psychédélique. C’est sans doute une piste à approfondir dans le futur, proposant une autre démarche plus vaporeuse que les relectures qu’on a pu entendre du côté de La Cozna. Ce morceau de 9 minutes se place comme le morceau de résistance de ce second album. Elle utilise sa propension à se lancer dans de plus longs morceaux comme Les Noyés qui permet de déployer plus d’ampleur, de relancer ce morceau.

Mais il y a aussi d’autres déclinaisons plus compactes sur ce riche album. On pense par exemple aux arpèges entêtants de la plage titulaire. Sombre peut-être mais jamais lugubre, l’univers singulier de Sophia Djebel Rose nécessite peut-être toujours une certaine dose d’abandon mais vient de singulièrement étendre ses perspectives. Inutile de dire qu’on va suivre ça de près.


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