vendredi 7 février 2025

How come you, too, assume your opinion counts ?
Si cette phrase eut être rude si elle est adressée à un critique du dimanche comme votre serviteur, il prend une autre dimension quand il traite du droit des femmes à disposer de leur corps. Parce que chez la Suissesse Gina Eté, le fond est consubstantiel de la forme. Et cette forme prend encore de la hauteur après un premier EP et un album qui nous avaient beaucoup plu. Pas à dire, avec Gina et Marina Weinmann (Odd Beholder), le pays à la croix blanche est un bon pourvoyeur de talents féminins.
Le rapprochement n’est pas que national d’ailleurs, on retrouve chez les deux une science du son enveloppant intime et fort à la fois qui fait mouche. Il y a une vraie amplitude ici. Comme elle est violoniste à la base et a déjà été amenée à arranger pour d’autres (Sophie Hunger par exemple, autre Suissesse de qualité), il y a d’un côté des morceaux à la beauté simple due à la conjonction de violons et d’entrelacs de voix sur The Bet. On retrouve ces cordes soyeuses sur Your Opinion.
A l’opposé il y a plus de beats et de rentre-dedans sur F***you:you. Et ça claque pas mal, d’une façon qui reste subtile mais implacable. Un des grands morceaux de cet album, qui se permet de varier les ambiances de façon presqu’imperceptible. Il avait d’ailleurs été repris de façon multiple avec un certain bonheur comme on l’avait signalé. Ce son-cocon est vraiment réussi sur La Joie (Au Bout d’Un Moment) qui arriver à insuffler de la force avec de la subtilité, périlleux exercice réussi ici avec brio. On pense aux moments plus folktronica de Bat For Lashes par exemple.
L’emploi de plusieurs langues reste une de ses spécialités et outre le classique anglais, il y a du français qui étrangement la fait chanter plus haut, un phénomène qu’on avait déjà détecté sur son premier album et puis soit de l’allemand soit un dialecte alémanique. Et ce au moment où son compatriote Aris Basseti de Peter Kernel s’y lance aussi (même si c’est en Tessinois) Coà¯ncidence ? Oui, sans doute.
Gina Eté confirme tout le bien qu’on pensait de son œuvre, profonde et versatile. Le vivier suisse tient là une de ses valeurs sà »res.
L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
Le dernier album en date des Allemands de The Notwist avait plu faute de laisser un souvenir tenace. Gageons que les choses seront différentes ici (…)
Les bonnes surprises peuvent aussi surgir de ce qu’on croit connaitre. Si 5 morceaux (on avait partagé) étaient déjà entendus, l’écoute de ce quatrième album du groupe d’Amiens permet d’en appréhender l’excellence. Le produit fini et complet est donc bien réjouissant.
Parce qu’il est rentre-dedans avec ce qu’il faut comme petites touches de sons froids et de consistance mélodique pour que le (…)
C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
Le truc de Chaton Laveur, donc, c’est de s’appuyer sur des bases krautrock pour une euphorie bien plus pop. Le duo liégeois (Julie Odeurs et Pierre Lechien) est cependant (…)
Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
Désolé d’avance pour la longue mise en place, mais cet album, ou ce (…)