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Youth Lagoon - Rarely Do I Dream

mercredi 5 mars 2025, par marc


Comme un Perfume Genius qui a émergé à la même époque, Trevor Powers est passé de petit génie de la bedroom pop intime à singer/songwriter aux possibilités pas encore complétement cernées. Le point de départ de cet album est la découverte d’anciennes vidéos de son enfance retrouvées dans la cave de ses parents. C’est pourquoi on entend beaucoup d’extraits de vidéos, de conversations. Impossible de rester de marbre face aux enregistrements de Home Movies (1989-1993). Etrangement, les thèmes des chansons sont bien plus larges, convoquant une galerie de personnages qui ne viennent absolument pas de sa famille. C’est sa façon à lui de mêler personnel et universel.

La voix de Trevor Powers a un grain particulier, une spécificité On pense à l’intimité de Villagers mais moins de classicisme dans le ton et le son. Parce que son truc à lui, c’est une pop en apesanteur. Gumshoe qui a le même son filandreux que Broken Social Scene. Parfois plus éthéré (Football) ou relevé d’une pulsation discrète (Canary) et d’une guitare plus complexe qu’il n’y parait (Seersucker), son style peut encore s’incarner dans ce terrible son grave de Neighborhood Scene ou le magnifique morceau qu’est Lucy Takes a Picture.

Il arrive ce moment où on se dit que cet album est un enchantement quand le moment et l’état d’esprit sont bien choisis. Grand disque de pop cotonneuse, constellé de nostalgie mais au songwriting qui s’étend, ce cinquième album de Youth Lagoon confirme que Trevor Powers n’a pas fini de nous enchanter.

    Article Ecrit par marc

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