mercredi 9 avril 2025

Certes il y a les historiens, mais rien ne vaut ceux qui ont vécu une époque. Ce n’est pas un hasard si c’est un authentique Wireophile qui a attiré notre attention sur cet album (et il en parle très bien). Bassiste et fondateur des légendaires Wire, Graham Lewis a déjà sorti des albums quand la plupart des défenseurs actuels du genre (Squid par exemple) n’étaient pas nés. En sus du groupe de base, on peut citer Dome (avec Bruce Gilbert de Wire) ou Duet Emo (les deux mêmes plus Daniel Miller du label Mute). Dans ses autres projets qu’on n’a pas écoutés non plus, il faut visiblement citer UUUU ou FITTED. Ce qu’on peut en retenir c’est qu’il est à l’aise avec ses envies musicales.
Ce n’est pas un album de gimmicks, de clins d’Å“il nostalgiques, c’est une vraie Å“uvre aventureuse comme on peut l’espérer d’un musicien aussi rompu à l’expérimentation. Cependant, ce n’est pas non plus un réceptacle d’idées non abouties mais un album à la fois mystérieux et direct. Pas datée non plus, cette musique plaira évidemment aux fans des chemins de traverse.
Jamais anguleuse, vénéneuse sans doute, sa musique évoque ce que serait Legendary Pink Dots en groupe de post-punk. Par exemple sur Key Weapon qui n’est pas un morceau commode. Cet album s’adresse à un public qui vient en connaissance de cause et ce genre de morceau, fascinant avec la bonne dose d’abandon, pourra aussi rebuter. Mais il ne se perd jamais comme sur Last Scene o๠la complexité ne se fait jamais complication et peut même être directe le temps d’I Still Remember.
Mais ce qu’on aura préféré ici, ce sont les moments qui cultivent le mieux un certain mystère. Avec les tentations orientales de Diamond Shell par exemple ou le son dense de guitare de Bang. Et puis il y a un je-ne-sais-quoi de fragilité dans la voix et la diction très anglaise qui le différencie aussi, renforcement si besoin un attachement qui n’avait pas besoin de ça.
Déjà bien présents en nos colonnes l’an passé, les artistes venus de Suisse reviennent d’emblée pour enchanter l’année qui ne fait que débuter. Le quatuor du jour propose un premier album expressif mais qui évite toute dérive pompière. Et on aime beaucoup.
Parce qu’écoute après écoute, cet album s’est révélé plaisant, voire même addictif en ces temps de sorties plus parcimonieuses. Des (…)
Les mélanges de post-punk et kraut sont fréquents tant ces deux tendances visent une tension extrême. Et les réussites sont légion, avec Squid comme réussite récente. Mais le quatuor français Spelterini a toujours poussé les choses un peu plus loin, dans une radicalité assez fascinante. On n’est donc pas étonnés de les retrouver sur le label Kythibong, pourvoyeur de bonnes choses exigeantes (…)
Comme c’est souvent le cas, découvrir un.e artiste implique de bien vite en découvrir d’autres projets. On vous parlait il y a peu d’Eilis Frawley et son atypique et attachant album et la voici en batteuse inspirée qui a une belle part dans la réussite de cet album. On entend clairement sa voix sur plusieurs morceaux Self Destruct mais elle n’est pas la seule à assurer le chant.
Quand les (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une Å“uvre dans une époque au moment o๠elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)