lundi 7 avril 2025

Depuis eux albums, Cross Record est le projet solo d’Emily Cross. Chanteuse de Loma, elle agit aussi en tant que ‘Death Doula’, autrement dit en assistant des fins de vie. Elle a aussi quitté son Texas pour le Dorset et est devenue mère, ce qui ne doit pas être un mince ajustement. Donc quand on décèle que c’est une chanteuse habitée, tout ce substrat prend son sens, prend chair même.
L’intensité est là et bien là sur Cut a Cake, qui est sans doute le meilleur morceau de l’album dont il semble faire la synthèse musicale. C’est profond et prenant, avec quelques rais de lumière et un violon grinçant que n’aurait pas renié Lisa Germano. Ces moments plus pesants comme Designed In Hell sont les plus frappants. La fausse légèreté de sa voix se pose en excellent contrepoint d’un son insistant.
Issu de la volonté de se laisser une grande liberté tout en s’entourant de musiciens de session chevronnés, cet album n’arrondit pas les angles et il se révèle un peu torturé, forcément. God Fax est quand même à¢pre, mais c’est pour la bonne cause, tout comme Dorset Area of Natural Beauty presque exclusivement de l’orgue avant de se faire plus lancinante. Mais Emily sait aussi varier ses effets. Charred Grass est de ces moments suspendus, avec ce I Feel Real martelé comme un mantra. Led Through Life se pose en version dark de Bat For Lashes.
La réussite de Loma tient dans un équilibre différent dà » à la présence de Dan Duszynski et Jonathan Meiburg (Shearwater) et il faut être honnête, le résultat est bien plus à¢pre ici. Et moins enchanteur, forcément, même si c’est un effet collatéral d’une intensité de tous les instants. Ce qui en limite un peu les moments d’écoute, mais une fois que c’est admis, ce riche album frappe juste et fort.
Avec la même voix, cet album d’Emily Cross est plus personnel, plus déroutant et moins immédiatement plaisant. Mais tout comme les émotions peuvent être violentes et difficiles, la musique pour les exprimer ne doit pas rester jolie non plus. Ce qui n’empêche pas ce quatrième album de compter de vrais moments de beauté et de garder sa cohérence tout du long.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)