mercredi 23 avril 2025

Yann Tiersen est un artiste qu’on croit connaitre depuis longtemps, mais qu’on a aussi appris à redécouvrir régulièrement depuis un peu plus d’un quart de siècle. De la valse aux confins du post-rock en passant par l’électronique analogique et le piano solo, il a beaucoup essayé avec un bonheur certain.
Cet album-ci n’explore pas une nouvelle piste, mais deux. Vous pouvez même choisir l’ordre dans lequel vous les enchainez, il a préparé ça pour vous. On a commencé par The Liquid Hour et ses sons plus électroniques. Ceux qui avaient présidé à 11 5 18 2 5 18, la relecture de son Kerber. On retrouve même le chant en Breton de Quinquis et surtout des beats francs dès Stourm.
Mais il prend son temps pour déployer sur ce morceau de plus de 11 minutes des sons de synthés analogique et une densité de son assez impressionnante. On a entendu cette tendance chez des compatriotes comme Magnetic Rust ou Franck Marchal et sur les albums susmentionnés. Mais c’est aussi plus spectaculaire. The Liquid Hour en est un bon exemple, avec une limpidité mélodique qui rend ce morceau tout bonnement irrésistible après un apparent chaos sonore. C’est ce qu’il aime, cette trouée de lumière dans le brouillard. Les autres morceaux sont dans la même veine.
La seconde partie (ou la première, c’est vous qui voyez) propose du piano solo mais assez intense. Les thèmes musicaux de la première partie sont repris dans un traitement forcément différent. Il y déploie son talent de mélodiste, ce qu’on remarque sur le très beau Norà°ragà¸ta (les noms de morceaux sont des endroits où il a navigué). La mélancolie est moins prégnante que dans ses œuvres équivalentes passées et sont aussi moins arides que ce qu’on a pu entendre sur EUSA. Comme en plus c’est une composante d’un tout plus varié, ces pièces prennent un relief tout particulier. En deux minutes Caledonial Canal déploie sa beauté simple.
Pourquoi choisir quand on peut s’offrir les deux ? En présentant le versant électronique et dense puis délicat au piano de thèmes toujours lumineux, Yann Tiersen montre une fois encore que ses possibilités sont vastes et son talent toujours alerte.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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