mercredi 16 avril 2025

Jeanne Cherhal est une chanteuse moderne. Elle n’a en tous cas jamais reculé devant la dualité entre chansons d’amour et chansons sur la condition féminine, on ne décèle ici aucune déviation de sa trajectoire en la matière. Paradoxalement, c’est le conseil mal informé d’un exécutif de maison de disque qui lui a suggéré que ça pourrait être pas mal, pour elle, d’écrire des chansons féministes qui a déclenché son envie de lancer sa propre structure.
Il fallait se renseigner, monsieur, elle continue à être résolument féministe et cet album ne déroutera certainement pas ceux qui comme nous la suivent depuis un bout de temps. L’album s’appelle Jeanne (comme Histoire de J.), on y retrouve un morceau sur les règles (La Marée) comme un écho à Douze Fois Par An (la plage titulaire de son premier album). Et puis il y a cette ‘suite’ au désormais classique Brandt Rhapsodie. C’est plus narquois que la version de base, et est présente sans doute pour entériner le plaisir de retrouver Benjamin Biolay (on y reviendra).
Elle brocarde toujours la masculinité toxique sur Le Cri Des Loups. Salutaire sans doute, elle nous avait déjà opportunément rappelé que quand c’était non, c’était non. Et La Maman et La Putain rappelle une fois encore le grand écart entre les deux facettes opposées de stéréotypes féminins . Mais elle n’oublie pas la sensualité de Rodrigues ou Jean. Petites nouveautés, des apologies des antidépresseurs (La Vie Est Trop Courte) et d’un instrument de ‘massage’ (Hitachi Magic Wand). Bref, les thèmes et sa façon de les traiter avec une pudeur directe sont bien dans leur époque.
Mais Jeanne Cherhal n’est pas toujours une chanteuse moderne. Son album est classieux mais cantonné à une image ancienne de la variété française, plus proche de Michel Berger ou Véronique Sanson que d’Iliona qui passe dans nos oreilles en ce moment et agit comme un contrepoint troublant de modernité par contraste. On le sait, c’est le stakhanoviste Benjamin Biolay qui prête sa compétence ici. Question de dosage sans doute, il a su ajouter une patine seventies sans virer dans le ton démodé d’un Pierre Lapointe, avec des cordes déployées avec discrétion et compétence.
Cet album est sans doute qu’elle voulait faire ici et aujourd’hui et est pétri de ses qualités, mélodiques notamment. Avec une certaine sobriété dans l’interprétation qui rappelle qu’une grande chanteuse sait quand là¢cher les chevaux et quand profiter d’une réserve de puissance. Moderne dans le fond plus que dans la forme, il confirme notre lien avec Jeanne.
Ce n’est pas parce qu’on a déjà beaucoup fréquenté un artiste qu’on ne peut plus être dérouté. Après quatre albums (beaucoup) écoutés, cette nouvelle proposition d’Olivier Savaresse a demandé un peu de temps pour nous devenir pleinement familière.
C’est le chant qui déconcerte le plus, même si on est déjà bien familiers de son œuvre. Les textes sont ciselés mais plutôt descriptifs et ils (…)
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La chose qui frappe d’emblée et se confirme au long des écoutes est le relatif dépouillement qui laisse une grande place à sa voix, (…)
Cela fait un petit temps qu’on suit Kloé Lang. Découverte par ses étranges reprises de Barbara et Janis Joplin dans le cadre d’un spectacle et puis un EP de chansons, voici qu’elle revient avec cet EP qui affine encore son style.
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