Accueil > Critiques > 2025

Destroyer - Dan’s Boogie

vendredi 2 mai 2025


Etrange attachement que celui qu’on a pour Destroyer. A un tel point qu’on comprend parfaitement qu’on reste un peu à l’écart. Ce nouvel album ne va sans doute convertir que peu de sceptiques, mais ceux qui ont déjà trouvé la porte d’entrée de l’univers de Dan Bejar resteront au chaud à l’intérieur.

Son style se retrouve dès le premier morceau qui claque et prend son temps à la fois. Kitsch peut-être mais vraiment pas, un peu lounge mais trop ample pour se contenter d’accompagner des bananes grillées, il fait le grand écart. Avec de franches poussées comme sur la plage titulaire ou le plus dense Mett Snow.

Indé dans la démarche, cet album est une fois de plus luxuriant et ample dans le traitement. Et puis il garde ses spécificités comme ces qui apparaissent comme alambiquées parce que le chant n’est pas standard (Dan’s Boogie). Et cet aspect parfois là¢che qui contraste avec la précision de ses déroutantes métaphores donne une vraie coloration. Cette diction sonne comme un soliloque intérieur, donne la fausse impression qu’il parle pour lui.

En tête de gondole indéniable, il y a cette franche pop années ’80 de Hydroplaning Off The Edge of the World. Il va nous hanter longtemps ce gimmick chanté, qui nous ramène à quelques-unes de ses réussites du genre, Savage Night at the Opera en tête. Il y a cette insistance, cette douce poigne qui ne se desserre jamais. A l’opposé, certains morceaux marquent forcément moins comme The Ignoramus of Love auquel on préférera l’aérien Bologna. Un détail sans doute sur un album qui maintient le niveau d’un artiste marquant.


Répondre à cet article

  • Einar Stray Orchestra – Chiaroscuro Variations

    Il y a des artistes, comme ça, qui ne nous ont jamais déçus, à propos desquels on n’a jamais dû tempérer l’enthousiasme. Le Norvégien Einar Stray fait indéniablement partie de ce contingent. Cet attachement qui s’est manifesté pour Einar Stray Orchestra ou Mildfire avait commencé en 2011 et cet incroyable Chiaroscuro. On a réécouté l’album pour l’occasion et c’est toujours un grand plaisir. Le (…)

  • The Veils – Fragile World

    Etrange que les sorties d’un groupe qui nous est si cher échappent parfois à notre vigilance. Il faut dire que si leur style est toujours reconnaissable, l’ambition de leurs albums est variable. Au très spectaculaire et généreux ...And Out of the Void Came Love avait en effet succédé le plus intime Asphodels qui avait aussi moins marqué. On comprend très vite qu’on va rester proches de ce (…)

  • Get Well Soon - Minus The Magic

    On pensait avoir compris la trajectoire de Get Well Soon, qui semblait évoluer vers une pop deplus en plus orchestrée.Mais le propre des artistes est de ne pas s’occuper de progression linéaire mais de suivre leurs inspirations et leurs envies. Et les envies actuelles de Konstantin Gropper semblent avoir six cordes.
    En effet, à l’instar de Songs Against The Glaciation et de la tournée qui a (…)

  • Mathis Agenkin - Passage des Fleurs

    Le premier album de Mathis Agenkin est une belle illustration de ses racines françaises et turques, de sa solide formation de pianiste et d’envies éclectiques. C’est comme ça qu’une des tendances de ce Passage des Fleurs est le piano solo.
    Solo mais pas dépouillé, avec quelques nappes pour encore en déployer la délicatesse. Et il est bien joli ce Where The Birds Are. Ce piano sert aussi de (…)

  • Avi Engel – Seedhead

    Seedhead marque le retour d’un artiste qui nous avait envoûté il y a un petit temps déjà et rappelle pourquoi on avait tant aimé ça. Le ton est encore plus apaisé encore, renforçant cette impression de distance, suscitant une envie d’abandon. Portées par une belle voix, les morceaux sont lents, un peu répétitifs, comme une mélopée lancinante. C’est l’impression d’ensemble qui prime tant la (…)

  • Broken Social Scene - Remember the Humans

    Il est est des groupes qui sont leur propre style, et dont la géométrie variable et les contours flous ont toujours su garder une forme reconnaissable de loi. Neuf ans après Hug of Thunder, on est surpris de les retrouver il faut bien le dire. Notamment parce qu’ils sont aussi les témoins d’une époque et d’une façon bien spécifique d’interpréter l’esthétique indé. Une vision d’ailleurs bien (…)

  • Metric – Romanticise The Dive

    Mine de rien, album après album, Metric est devenu un point de repère de notre discothèque. Si le premier album avait plu, il se situait dans une queue de comète electroclash et rock. Avec un regard narquois qui faisait mouche mais n’aurait pas suffi à passer à la postérité. Il a fallu quelques belles réussites plus tard, définitivement entérinées par le double Fromentera I et II. C’est en (…)

  • Spencer Krug - Same Fangs

    Avec un habitué de nos colonnes comme Spencer Krug, il faut tout de même brièvement planter le décor. Parce que vous n’avez pas forcément déjà rencontré Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lake ou Moonface. Sachez que ce très prolifique Canadien se produit maintenant sous son nom seul et de temps en temps, met en forme définitive les morceaux qu’il égrène à ses contributeurs Patreon.
    Ce qui (…)