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Destroyer - Dan’s Boogie

vendredi 2 mai 2025


Etrange attachement que celui qu’on a pour Destroyer. A un tel point qu’on comprend parfaitement qu’on reste un peu à l’écart. Ce nouvel album ne va sans doute convertir que peu de sceptiques, mais ceux qui ont déjà trouvé la porte d’entrée de l’univers de Dan Bejar resteront au chaud à l’intérieur.

Son style se retrouve dès le premier morceau qui claque et prend son temps à la fois. Kitsch peut-être mais vraiment pas, un peu lounge mais trop ample pour se contenter d’accompagner des bananes grillées, il fait le grand écart. Avec de franches poussées comme sur la plage titulaire ou le plus dense Mett Snow.

Indé dans la démarche, cet album est une fois de plus luxuriant et ample dans le traitement. Et puis il garde ses spécificités comme ces qui apparaissent comme alambiquées parce que le chant n’est pas standard (Dan’s Boogie). Et cet aspect parfois là¢che qui contraste avec la précision de ses déroutantes métaphores donne une vraie coloration. Cette diction sonne comme un soliloque intérieur, donne la fausse impression qu’il parle pour lui.

En tête de gondole indéniable, il y a cette franche pop années ’80 de Hydroplaning Off The Edge of the World. Il va nous hanter longtemps ce gimmick chanté, qui nous ramène à quelques-unes de ses réussites du genre, Savage Night at the Opera en tête. Il y a cette insistance, cette douce poigne qui ne se desserre jamais. A l’opposé, certains morceaux marquent forcément moins comme The Ignoramus of Love auquel on préférera l’aérien Bologna. Un détail sans doute sur un album qui maintient le niveau d’un artiste marquant.


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