lundi 19 mai 2025

Les compilations et autres mixtapes sont le cauchemar du critique, imposant parfois la fastidieuse vision track-by-track. Avant de d’identifier quelques préférences, il faut dire que cette suite de collaborations entre des artistes du formidable label de Leipzig Altin Village & Mine (Modus Pitch, P.A. Hà¼lsenbeck...) est d’excellente facture d’un bout à l’autre.
Et ça groove, ça dubbe aussi pas mal sur I Saw de Phoebe Killdeer + The Shift + Andi Toma. Groove aussi mais plus collant, celui d’Axel, Sebastian and Philipp par The Field + Dumbo Tracks. Mais comme toute bonne mixtape, cette cohérence n’empêche pas l’éclectisme puisqu’on passe des tentations arabisantes de Passaporte par HJirok au beau développement de Salamander de Station 17 + Datashock dont le chant et le ton général ne sont pas sans rappeler des Can hors d’à¢ge. Bref, ça s’écoute avec beaucoup de plaisir comme une bonne playlist solidement charpentée.
Non, on ne peut pas parler de surprise avec ce septième album de Perfume Genius. Tout de suite plaisant, il a nécessité plusieurs écoutes pour révéler sa grandeur. C’est d’autant plus incompréhensible que la beauté est là , partout et tout le temps, de la belle élégie de Clean Heart qui se fend en son milieu au simple Me & Angel.
De plus, il ne fallait pas attendre longtemps, le presque-rentre dedans It’s a Mirror était plus qu’engageant. Et puis il y avait la force de No Front Teeth sur lequel Mike Hadreas reçoit le renfort d’Aldous Harding. Peut-être qu’on s’est habitués à cette force de frappe. Elle reste toujours subtile cependant, Dion étant plus proche de ce qu’on a tant aimé à ses débuts et qu’il n’a jamais renié. Cette douceur peut aussi s’exprimer de façon plus éthérée sur Capezio et c’est moins prenant. Mais il garde ce pouvoir de nous prendre par surprise comme sur le grand In a Row. Etrange qu’il ait fallu tant de temps pour s’en imprégner. Mais il n’y a pas à tergiverser, ce Glory est excellent.
Le genre pratiqué par le Berlinois Maximilian Seifert n’est pas bien mystérieux, c’est une la dark-wave mà¢tinée de rock indé. Il est évidemment compliqué de révolutionner le genre, mais on apprécie toujours autant une petite dose de temps à autres.
Des synthés bien dark distillent un bel entrain somme sur Soft Fantasy. La voix ne pousse pas et est gorgée d’effets pour une bonne intégration dans la musique. On a envie de gentiment pogoter sur Joy of Missing Out. Parce qu’il sait jouer de l’ampleur, avec un son plus large que le minimalisme post-punk ne l’impose, $ellout est une réussite dans le genre. Beaucoup de plaisirs sombres et simples donc.