Accueil > Critiques > 2025

Be My Wife - To Deliver a Feeling (EP)

vendredi 5 septembre 2025, par marc


Parfois déroutants, les noms d’artistes peuvent être révélateurs aussi, surtout quand il s’agit d’une oeuvre. Celui choisi par Frederico Nessi, artiste qui a vécu entre Paris, Miami et Buenos Aires est donc le nom d’un morceau fameux (pour ceux qui sachent) de David Bowie.

Ce qu’on entend sur cet EP est un étrange mélange de chaud et de froid. C’est ce qui faisait le sel de Bowie et, sans évidemment se hisser à ces niveaux, c’est aussi le principal point d’accroche, rendant humain un propos désincarné ou au contraire en modérant toute tentative de pathos. Cette facon de faire est plus manifeste sur des morceaux comme Only You ou Complicate Me.

C’est la transe froide et robotique d’Another Light qui nous avait interpelés. Et notre mémoire à long terme nous rappelle Colder. C’est ce côté un peu distancié qu’on apprécie tant et qui fait mouche aussi sur Rushed Restrictions, qui garde comme tout le reste un côté eighties indéniable mais qui évite soigneusement les poncifs des synthés trop connotés. Quitte à s’en éloigner momentanément le temps de la house froide de Me Cuesta.

On avait loupé le premier EP The Restless Poursuit paru plus tôt dans l’année mais qu’à cela ne tienne, voici un petit paquet avec les deux, donc 8 titres qui peuvent constituer un petit album qui vaut le détour. Sur cet premier EP, Radically Sealed est sans doute le morceau le plus marquant, proposant des plaisirs un peu différents, plus languides.

Si l’approche via un single brillant a été immédiate, il aura fallu un peu plus de temps pour prendre la mesure de ces EP qui mettent en lumière une personnalité indéniable qu’on suivra certainement. Un nom éminemment conseillé.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Sparkling – We

    On vous avait déjà parlé de l’éclectisme des Allemands Sparkling et si cette caractéristique se retrouve toujours, ils ont sensiblement déplacé le curseur. Exit la composante post-punk ou les allusions à Wire, le virage est plus pop. Et réussi comme on va le décrire.
    D’emblée, We sonne presque comme du Sparks. Et cette veine se retrouvera au détour des plus rentre-dedans et électriques (…)

  • Kety Fusco - Bohème

    L’efficience est la capacité à obtenir un résultat optimal avec le moins de ressources possible. Si ce n’est pas un concept fort usité en musique, parce qu’il n’y est pas très pertinent, on peut déjà dire que Kety Frusco n’est pas une artiste efficiente. Sans que ça n’en diminue les mérites.
    Aussi étrange que ça puisse paraître, ce n’est pas du tout la première fois qu’on vous parle de (…)

  • Glass Museum - 4n4log City

    Voici donc le second troisième album du groupe de Tournai, faisant toujours la part belle au piano et à la batterie. Le concept étant maintenant connu, il était temps pour eux d’élargir leur horizon. Antoine Flipo et Martin Grégoire ont en effet recruté un troisième membre en la personne du bassiste Issam Labbene tout d’abord. Il fait par exemple un excellent boulot en habillant Gate 1 mais sa (…)

  • Camilla Sparksss - ICU RUN

    Barbara Lenhoff l’avait bien dit à la sortie de son album plus apaisé Lullabies, ce n’était qu’une digression. Et pour brillante qu’elle était, il faut admettre qu’elle était moins percutante que le formidable Brutal. On est donc plus que satisfaits d’un retour vers cette veine puissante qui prend un peu le temps de placer les choses avec les sons fondus d’Holy Shit.
    Elle a donc besoin d’un (…)

  • Roseland - Beyond the Usual

    A l’intersection de plusieurs choses qu’on aime, ce troisième album est l’occasion de découvrir Emeline Marceau qui officie en tant que Roseland. Et on est content que La Centrifugeuse ait organisé la rencontre musicale.
    Pour que cette musique qui puise dans les énergies rock et synthétiques puisse donner sa pleine puissance, il faut un petit supplément de fougue pour pousser les morceaux (…)

  • Lescop - Rêve Parti

    Il y a des noms qui sont liés à une époque, qu’on oublie forcément un peu avant de les voir ressurgir de nulle part. Lescop fait partie de ceux-là, vous l’avez definé, petit.e.s futé.e.s que vous êtes. Les années ’80 sont une esthétique qui n’a plus déserté le paysage musical depuis plus de 20 ans. Mais si ce troisième album reste dans ce (micro)sillon, il le fait avec tant d’allant qu’on ne (…)

  • LSSNS - Transit

    I know it when I see It
    Cette phrase d’un juge de la cour suprême américaine quand on lui demandait ce qu’était la pornographie peut aussi s’appliquer à certains styles musicaux, aussi faciles à identifier que compliqués à décrire. Les années ’80, ce n’est pas qu’une lointaine décennie, c’est un parfum qu’on reconnait tout de suite chez ce trio finno-allemand.
    Et il convient bien à cette (…)

  • The Ultimate Dreamers - Echoing Reverie

    Le vintage années ’80 est un style qui se pratique depuis des dizaines d’années. S’il peut évidemment être pratiqué par des novices, on ne se lasse pas non plus de ceux qui ont vécu les évènements en direct. Outre les légendes Wire, il y en a d’autres qui ressurgissent du passé. Actif au milieu des années ’80, le quatuor belge est revenu aux affaires à la faveur du confinement qui les avait (…)