mercredi 29 octobre 2025, par

Il était temps que je vous parle de U2. Ah non, ce n’est pas ça... Parce que si oralement on pourrait confondre le nom du projet du jour avec les célèbres Irlandais, ce que vous entendrez ici est radicalement différent. Il y a tout juste un an, on découvrait avec un plaisir certain les Canadiens de You Doo Right. Leur rock instrumental était fort, puissant, poussé par une rythmique assez spectaculaire. Ils reviennent donc, mais pas seuls. Ils collaborent ici avec le multi-instrumentiste texan Nolan Potter (qui réalise et chez qui ceci est enregistré en une journée) et avec le trio psychédélique canadien Population II.
Ceci n’est pas une jam indigeste où les égos doivent être ménagés, ils vont tous dans la même direction avec une belle santé. Cavalier se présente comme une interminable montée, avec une tension kraut assez ébouriffante. La fin furieuse de Ralliement, tout comme ses cuivres tordus sont d’une maitrise absolue en tous cas. C’est long parce que ça progresse, avec une batterie forcément affutée et nous promène aux frontières du post-rock, free jazz et krautrock. Mais en toute simplicité et en toute accessibilité. Autant que possible vu les genres pratiqués bien entendu.
Les occasionnelles vocalises rappellent évidemment Can. C’est une des références incontournables (le nom du groupe de base, je sais que vous avez la ref), même si ceci est indéniablement moins psychédélique dans un premier temps. Ça le devient franchement ensuite. La Perla pourrait être une des nombreuses digressions d’Echoes de Pink Floyd, tout comme Z qui est à la fois solide et décontracté à la fois. Plaisir moins fiévreux mais non moins intense donc. L’album de l’an passé reste une priorité, ceci est plus éclaté, plus libre et forcément moins resserré. Celui-ci mêle urgence et longueur et est une nouvelle démonstration de l’excellence des Canadiens de You Doo Right. Ils trouvent ici des partenaires plus qu’à la hauteur de l’enjeu pour un album incandescent.
Anthony Laguerre est un personnage récurrent de ce site, il est intervenu dans presque toutes les saisons. Si on avoue avoir passé un peu l’épisode IKI en accéléré, on l’a apprécié autant chez Filiamotsa que L&S, chez Piles comme Club Cactus, tout seul ou avec Jérôme Noetinger. Ici, il est ici flanqué des deux violonistes Bastien Pelenc et Mathieu Werchowski pour un résultat décoiffant qui (…)
Les gens qui mettent en musique les films qu’ils ont dans la tête ne sont pas rares. A une liste qui contient déjà des noms comme Ô Lake ou Abraham Fogg, il conviendra d’ajouter ce multi-instrumentiste. Mais il se distingue aussi de ses correligionaires par l’emploi presque exclusif de sons organiques. Le résultat est donc exempt de beats (mais pas de rythme comme on le verra).
L’effet le (…)
On ne va pas tourner autour du pot, si vous tenez à apposer une étiquette sur votre flacon d’Endless Dive, celle de post-rock adhèrera. Mais on est clairement à la limite du genre, avec une vraie personnalité qui dévie souvent vers le folktronica. Il faut dire que le ton très fortement mélancolique est encore augmenté par des incrustations de sons et dialogues fixés sur VHS ou cassette, voire (…)
Si Mogwai est un des premiers noms qui vient à l’esprit quand on parle de post-rock, ils en ont abandonné bien des recettes il y a fort longtemps. C’est sans doute cette volonté d’évolution, certes mesurée mais constante qui leur permet ces 30 ans d’existence déjà et de nous gratifier d’un onzième album.
Une constante, c’est leur amour du titre tordu, sans doute des private jokes opaques (…)
Les frontières entre la musique et l’art contemporain sont poreuses et Denis Frajerman a toujours su s’immiscer dans les interstices. Que ce soit en tant que membre de Palo Alto, à la manœuvre des imposantes Variations Volodine ou sur de beauxalbums solo, il a toujours trouvé l’équilibre entre exigence du propos et beauté du résultat. Il sait aussi s’entourer comme on le verra.
Inspiré d’une (…)
La présentation du second album de Saint Sadrill name-droppe James Blake, Mark Hollis, Scott Walker et St Vincent. Ambitieux évidemment, contre-productif peut-être mais on ne peut nier une certaine pertinence là-derrière. Ce qu’on peut en déduire aussi, c’est que si ces climats amples et les surprises font partie de vos plaisirs d’écoute et si aucun des exemples ne vous rebute, vous prendrez (…)
A une époque où la modernité n’est plus une vertu cardinale, il peut être étonnant de retrouver cette conjonction de talents (Avey Tare, Panda Bear, Deakin et Geologist) aussi en forme après près d’un quart de siècle d’existence. Avec Time Skiffs, on pouvait clairement parler d’une nouvelle période pour le groupe, un revirement vers plus de musique ‘figurative’ par opposition aux brillants (…)
On ne peut nier l’importance de la jeunesse, le mythe tenace du premier album. On sait qu’il y aura toujours des albums venus de nulle part pour récompenser notre patience et notre dévouement. On n’a qu’une seule chance de faire une bonne première impression et la jeune Israélienne Tamar Aphek la saisit à pleine mains. Son premier album (il y a eu un EP avant ça) démarre sur les chapeaux de (…)