vendredi 31 octobre 2025, par

Dans les réunions de parents, j’imagine qu’il doit être déroutant d’être face aux géniteurs des très bons élèves. Si ça ne doit jamais être tendu, il faut sans doute être créatif. L’excellence appelle finalement peu de commentaires. C’est une situation similaire pour le critique aux prises avec le très bon cinquième album du groupe de Stillwater, Oklahoma.
A l’instar de Grizzly Bear, c’est une formation dont on applaudit le résultat sans nécessairement chercher à savoir comment c’est fait. On se contente d’apprécier la majesté, la sensation d’apesanteur apportée par les chœurs de Versailles. What’s It Gonna Take fait maintenant partie de leurs grands morceaux avec ses chœurs seventies mais une rondeur qui n’est ancrée dans aucune époque. C’est un exploit de rendre tout ça ample mais jamais kitsch.
Tout fonctionne ou presque mais on peut tout de même isoler les magnifiques cordes d’Heading West. Ou alors les penchants cinématiques de Cisa Cisa, avec une fin assez ébouriffante qui maintient le cap tout en empilant les couches de son. Ils enchainent avec la limpidité du clavier de Read My Mind.
Pour un grand album, il faut des morceaux qui soient bons mais il y a aussi ici le charisme, la façon peu démonstrative (dans le chant notamment) d’être ample, ce qui garde leur séduction intacte. Voici donc un album qui impressionne en première écoute et qui ne nous a pas lâchés à la dixième. Sans crier gare, sans jamais se renier, Other Lives plante un des albums de l’année.
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)
On a toujours apprécié les EP complémentaires, en tous cas bien plus que les rééditions augmentées sensées nous faire passer deux fois à la caisse avec du matériel connu. Les 29 minutes de ce Kid’s Table se profilent donc comme le prolongement idéal du Five Dice, All Threes de l’an passé.
Assez logiquement, il pratique la même veine riche et ample qui nous avait plus. A cet égard, la plage (…)
De la part de Caleb Nichols solo (sans Soft People ou Port O’Brien donc), on a connu ses délires divers et variés, extrapolation de l’univers des Beatles ou auto-biographie fantasmée. Ces albums comportaient leur content de fulgurances pop mais elles n’en étaient qu’une des composantes d’un concept plus vaste. Le propos est ici à la fois plus large (ce n’est pas un album conceptuel) et plus (…)