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Benoit Tranchand - Peau de Serpent

vendredi 5 décembre 2025


Dans le domaine des musiques électroniques, il a longtemps été d’usage de regarder les labels avant de considérer les artistes. Si quelque chose vous plaisait chez, disons Border Community ou Kompact, vous saviez à quoi vous attendre en découvrant un artiste signé chez eux. Evidemment, la chanson française ne répond pas à ces critères. Ou alors pas toujours. Au moment de découvrir un artiste hébergé chez Gnignignignigni (non je ne me suis pas endormi sur mon clavier), on sait un peu de quelle façon on va être déconcerté. A un tel point qu’on pensait tout-à -fait plausible que Benoit Tranchand soit membre de Péritelle (non, en fait) à l’écoute du single Insomnie.

Il était le single qui nous avait donné envie et c’est en effet un des morceaux qui encapsule le mieux le style de Benoit Tranchand, une introspection certes, mais un regard oblique sur le monde qui l’entoure et ses perceptions. Tant qu’à évoquer les chemins de traverse de la pop française, Erreur fait aussi penser à l’ami Centredumonde, tout comme Beau Belle Bien aussi, avec ses poussées acides. Autant vous dire qu’on a été tout de suite mis à l’aise. Même si le ton peut se révéler anxiogène (Ma Vieille Amie), il reste maitrisé, pour que l’étrange ne soit pas si dérangeant.

Musicalement cependant, si c’est toujours un peu synthétique, le ton est plus ’dur’, on approche plus de l’univers un peu oppressant de Glauque. Ce qui nous plait aussi, vous le savez. Les beats sont presque industriels sur Auto-Tampon, trip halluciné et un rien paranoà¯de avec les auto-tamponneuses comme métaphore de l’auto-destruction. Et oui, c’est percutant comme il le faut et l’engagement est total, le genre n’admet pas la demi-mesure.

Mais le plaisir vient aussi du spleen électronique de Chanson d’été. Bref, on vient de découvrir un vrai talent singulier qui nous propose ici un court album sans fioriture ni longueur, trace sonore d’un univers singulier et complexe.


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