lundi 24 novembre 2025

Le plaisir musical vient aussi de l’inattendu, de variations qui semblent infinies à partir de choses connues. C’est un peu ça qui nous a plu chez le Suisse Thomas Schmidiger. Sa voix assez assez expressive, plus proche des standards soul à la Benjamin Clementine que des organes typiques du landerneau indé alors que musicalement on est sur quelque chose de plus oblique et atmosphérique.
Il a fallu un petit temps pour se figurer où on avait entendu quelque chose de vaguement semblable avec Tv On The Radio. Il y a des références plus infà¢mantes bien évidemment, surtout qu’on se concentre vite sur cet album. Ce n’est pourtant pas la source d’inspiration, qu’il avoue être un amour du piano et... d’Elton John. Le plaisir de citer cet artiste en ces colonnes ne pouvait s’éviter.
Mais le lyrisme prend souvent le dessus comme sur At My Will. Cette voix prend aussi un peu de recul derrière le ressac lancinant du son de Float. Outre cette voix, il nous gratifie d’une nasse qui vrombit sur No Way Out mais aussi de cordes pour un morceau sans chant véritable mais qui montre une belle maitrise d’un faux chaos. C’est dense, assurément.
Souvent aussi il faut du temps pour que les morceaux donnent leur pleine mesure. Escape Myself ou No Better Place sont dans ce cas. Il parait qu’une étiquette possible pour cette musique est doomsday pop, qu’on cite plus par amour de l’oxymore et pour souligner la créativité des dossiers de presse que pour son exactitude. Qui n’est pas nulle, ceci est un peu noir, certes, mais aussi très sensible et propose une vraie personnalité.
Il y a des artistes, comme ça, qui ne nous ont jamais déçus, à propos desquels on n’a jamais dû tempérer l’enthousiasme. Le Norvégien Einar Stray fait indéniablement partie de ce contingent. Cet attachement qui s’est manifesté pour Einar Stray Orchestra ou Mildfire avait commencé en 2011 et cet incroyable Chiaroscuro. On a réécouté l’album pour l’occasion et c’est toujours un grand plaisir. Le (…)
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