lundi 1er décembre 2025

Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais depuis, ils ont livré des albums brillants, d’une justesse jamais prise en défaut, d’une légèreté qui exige énormément de maitrise. Tout ça se retrouve sur A Bridge Too Far. Et même un peu plus. Bénéfice collatéral de cette attente relativement moindre ? On ne sait pas trop et ce n’est finalement pas si important, ce qui compte c’est la fluidité surnaturelle de cet album.
Outre leur virtuosité jamais indulgente, ce sont aussi des mélodistes hors pair comme en témoigne la plage titulaire. Cette fluidité déjà évoquée mène souvent à des morceaux plus éthérés comme Make Haste et c’est toujours délectable de douceur mais ils relancent des morceaux comme Eyes Full of Animal d’un solo de guitare, histoire de ne pas trop laisser retomber le soufflé. Ils utilisent aussi les cordes (Within/Without) ou les cuivres (The Calling) pour varier les effets et les plaisirs.
Evidemment, ça fonctionne toujours avec la vitesse sur The Calling et The Ghouls fait partie de ces morceaux qui passent parce que leur luxuriance sous-jacente n’est là que pour appuyer l’impression globale. Notons aussi la présence de Madison Cunnigham qu’on avait déjà entendu aux côtés d’Andrew Bird et d’un très recommandable album solo paru cette année.
Un Pont Trop Loin ? Non, contrairement à ce que le nom de l’album suggère, Midlake ne pousse pas les choses trop loin ici, ils caressent l’oreille dans le sens du poil (si vous me passez l’expression hybride) et on est reconnaissants au groupe de Denton, Texas, de maintenir l’intensité et la douceur à des niveaux pareils.
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