Accueil > Critiques > 2026

Snake De – Alla Sorrentina

vendredi 27 mars 2026, par marc


Certains labels sont une promesse. En se frottant à une sortie de l’aventureux Kythibong, on sait qu’on s’embarque pour une aventure. D’autant plus que la cheville ouvrière Aymeric Chasleries est ici à la manœuvre, associé à Maxime Canelli.

Le nom de la formation est tiré du jeu Nokia Snake 2. Au-delà de l’anecdote, on sent qu’une envie ludique domine largement ici. Utiliser des instruments pour faire de la musique, est-ce vraiment nécessaire ? Tout dépend de l’acception des deux termes mais force est de constater que dans le cas qui nous occupe, le matériau est moins orthodoxe.

En mettant en commun des bribes de sons et de mélodies glânées au fil des ans, ils ont constitué un terreau qui fait la part belle au field recording domestique. Comme certaines tendances désormais anciennes des musiques industrielles. Mais les sons utilisés sont moins rêches, plutôt percussifs mais on n’est pas sur Halber Mensch non plus.

Au contraire même, cet album se révèle paradoxalement très facile d’accès. Sans doute parce qu’il y a beaucoup de musique ici, même si elle sort clairement des carcans de la chanson. On pense à la répétition mystérieuse d’Exhaust Breathings, comme une bombarde aux aguets, ou à la langoureuse attente de Hagigara. Et puis il y ces voix triturées ou lointaines, apportant un ancrage indéniablement humain à l’ensemble. Des thèmes musicaux se répondent et il y a aussi de ‘vrais’ instruments. Bref, de quoi rendre cet étrange voyage sonore assez attractif pour qu’on s’y frotte bien plus souvent qu’on ne le fait habituellement pour des musiques de type plus expérimental.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Odd Beholder – Honest Work

    On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
    Après avoir revisité sa jeunesse suisse (…)

  • Chevreuil - Stadium

    L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
    La (…)

  • La Jungle - An Order of Things

    Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)

  • Sparkling - We

    On vous avait déjà parlé de l’éclectisme des Allemands Sparkling et si cette caractéristique se retrouve toujours, ils ont sensiblement déplacé le curseur. Exit la composante post-punk ou les allusions à Wire, le virage est plus pop. Et réussi comme on va le décrire.
    D’emblée, We sonne presque comme du Sparks. Et cette veine se retrouvera au détour des plus rentre-dedans et électriques (…)