vendredi 15 mai 2026, par

On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui du Kurt Cobain acoustique (Ephedrine) plane toujours. Avec des cordes, souvent, lesquelles peuvent même se faire presque psychédéliques sur Tanpura Nights.
On a connu plusieurs de ses tendances, de la plus intime à la plus ample. On ne se situe pas aux extrémités de ce spectre cette fois, même si la simplicité est mise en avant, modérée par bien des éléments qui l’enrichissent indéniablement. Comme toujours, le ressenti prime et l’empathie est immédiate. Alex Keiling est un chanteur hanté, c’est un fait. Ce qui lui permet de ne pas devoir trop en faire. En quelques arpèges bien sentis, il arrive à nous emmener avec lui (AMOK) et c’est très beau, même s’il traite de l’alcoolisme. Hantées aussi sont ces guitares lointaines sur le lancinant Black Fire.
Et puis il y a la beauté indéniable de Song For Joa qui avait été proposé comme morceau éclaireur. La voix s’y fait plus haute et c’est plutôt du côté d’un Thom Yorke éraillé qu’il convient de regarder. Vous aurez compris que ce n’est pas ce moment-là qui va écorner le potentiel d’émotion. Le calme relatif qui domine pourrait être vu comme un obstacle mais est plutôt une invitation à plonger plus profondément avec lui.
Proposer Alex Keiling comme produit d’appel ne pouvait que susciter notre curiosité. Avant de dire tout le bien de son huitième album en tant que The Wooden Wolf, le voici déjà dans ce projet qu’il partage avec Julian Tröndle et Louis Groß du groupe folk teuton Lambs & Wolves.
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