vendredi 22 mai 2026, par

On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
Après avoir revisité sa jeunesse suisse avec une justesse et une franchise presque glaçantes, elle trace ici quelques portraits bien ancrés dans la réalité des classes moyennes et inférieures (c’est revendiqué). Ces vies qui ne font jamais les unes des journaux et ne sont que rarement les sujets de chansons. Ceci n’est pourtant pas un album-concept, c’est un fil rouge qui ajoute une cohérence au propos de l’album mais aussi de sa discographie.
Il faut dire que le style discret mais brillant et le chant sensible apportant un excellent contrepoint conviennent tout-à-fait à l’exercice, apportant une distance nécessaire qui n’oblitère pas l’empathie. On pense un peu à Bat For Lashes mais sans le lyrisme.
Musicalement, elle pratique toujours une pop électronique soyeuse, qui se déploie dès Internet Famous déjà. Les morceaux sont immédiats mais non linéaires. Il n’y a qu’à voir comment Ring Light Progresse, comment la remarquable légèreté de Remind Me se mue en densité. Elle peut ainsi être très directe (l’immédiat Drive) ou plus inquiétante sur Wrong Magic, pouvant souvent reposer sur des mélodies fluides comme Second Beer.
Sans grands effets mais avec un ton particulier qui plait toujours autant, Odd Beholder continue sa quête sociologique et musicale avec un bonheur égal. Le fond et la forme en font une des artistes les plus intéressantes de notre époque en tous cas.
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