lundi 14 septembre 2026, par

On avait été introduits (sic) à l’univers cru et subtil à la fois d’Acquin via son précédent album C’est Beau et le ton unique avait tout de suite plu. Ce n’est plus Frédéric Lo qui est à la manœuvre comme sur les deux premiers albums et en toute honnêteté, il ne manque pas vraiment tant Eric Simonet donne un ton plus direct en parfaite harmonie avec la poesie des textes.
Le pitch du départ c’était le Gainsbourg du Marais, ce qui est forcément lourd à porter. Ici, on pense plutôt à une version moins straight de Benjamin Biolay et c’est un compliment tant les morceaux tiennent la comparaison. C’est assez patent sur des morceaux plus directs comme Dite qui plait par son ton très libre, littéraire dans sa crudité. Jeu Moral peut aussi évoquer un Etienne Daho un peu déluré.
Dès la première écoute, cet album semble avoir troqué une folie douce pour un propos plus resserré, une forme littéraire plus fine et moins tongue-in-cheek. Musicalement aussi, c’est plus rond, plus cohérent. On a déjà exprimé notre affection pour les albums compacts et sans graisse et c’est le cas ici. Dix titres, 32 minutes, zéro remplissage. Ce Sera Déjà Très Bien mêle ainsi des cordes et de la déclamation et reste remarquablement court, comme pour tuer dans l’œuf toute velléité de verbiage. Le parlé/chanté est bien maitrisé en tous cas quand beaucoup se fourvoient dans un chant trop ambitieux.
Les morceaux les plus immédiats et qui résistent aux très hautes rotations (on a beaucoup écouté) sont l’Amour Fout (Ça passait large/Sans substance/L’afflux sanguin aux anges) et Open avec son clavier en avant. Mais il y a aussi des morceaux plus intrigants comme Terre à Terre mais ils restent bien fluides. Et on a droit à une vraie douceur sur Reste ou Bise avec une belle voix féminine et la clarinette de Vincent Penot (de l ’Opéra de Paris). Bref, cet album s’est révélé jouissif.
Comme on manque de références en rap, on écoute et on décide au cas par cas, en pure subjectivité. Vous aurez compris que pour HYL, c’est plutôt oui. Sans doute parce qu’il arrive à éviter les écueils de l’autotune et de l’égotrip. Parce que les morceaux sont accrocheurs et attachants, surtout.
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