vendredi 18 septembre 2026, par

On a vite senti que la discographie de Feldup allait nous donner des nouvelles de sa santé mentale, que son cheminement intérieur était au cœur de son œuvre. Il en est de même d’artistes comme Kevin Barnes (of Montreal) ou Jamie Stewart (Xiu Xiu). Le titre de l’album semble indiquer qu’il espère aller mieux. On sent confusément que l’ironie narquoise n’est pas son truc, on espère donc que ça va se réaliser.
L’auditeur va lui retrouver l’intensité de tous les instants qui caractérise Félix Dupuis tout comme sa volubilité occasionnelle et ses éruptions et c’est le principal. On commence par une balade, ce qui est pour le moins inattendu. C’est forcément un faux départ, acté par les grosses guitares qui déboulent juste après sur Running On Empty.
On retrouve des évocations de traumatisme et c’est assez frappant (Clothes on the Ground) et revient assez souvent au détour des morceaux. Lesquels peuvent être très engageants (Get Up OK) ou un peu plus décousus. C’est solide et tortueux à la fois, même en mode power-ballad (Starless Skies). Running On Empty est un morceau marquant parce que sinueux, parce qu’il a une sincérité qu’on ne retrouve plus depuis longtemps chez, disons, Muse. Mais il ose aussi imposer une écriture limpide sur One and the Same. S’il avait 20 ans de plus, on pourrait le taxer de nostalgie mais il est au-dessus de tout soupçon à ce niveau-là, il peut donc impunément évoquer The Strokes, voire Radiohead quand la voix se fait plus aigüe sur la plage titulaire.
Si le contact est rétabli immédiatement, quelques écoutes permettent de mieux appréhender encore le propos. Mais les morceaux sont bel et bien là. Et il semble qu’ils ressemblent exactement à ce qu’il voulait en faire. Ce n’est pas une éruption de sentiments, c’est une expression choisie et maitrisée. Le faux chaos qui en découle (la fin bruitiste d’Unusual Order par exemple) est le reflet assez clair de ce qui est ressenti. Ne touche-t-on pas là à la base de l’expression artistique ?
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