vendredi 2 octobre 2026, par

Quand on écoute pour la première fois un album d’une formation connue, on laisse de la place à la surprise, certes, mais on a toujours une idée de ce qu’on va entendre. Ici, on ne s’attendait clairement pas à cet Enter qui nous accueille. On a beau avoir toujours décelé chez C’Mon Tigre une dialectique entre tradition et technologie, on n’a jamais entendu les beats et les voix très distordues sur l’enlevé premier morceau Enter.
Sur cet album, les voix peuvent aussi bien passer au concasseur (The Beautiful Glitch), se faire plus exaltées (Driver Idle) ou au contraire former des mélopées très ‘world’ (Nanã). On s’éloigne donc sensiblement de la formule de départ. Mais ce n’est pas aussi simple non plus. L’oud et le violon de Vanta nous ramènent à ce qu’on connaissait et attendait un peu pour en faire une sorte d’easy-listening frénétique si vous me passez l’oxymore. Ou du psyché world. On le voit, définir ce style impose une gymnastique intellectuelle. La bonne nouvelle, c’est que l’écoute de cet album un chouïa schizophrène est gratifiante et qu’on décèle une vraie unité de ton.
Evidemment, on préfère quand leur groove se vitamine donc sur Burukê ou quand Sawa claque vraiment. Les morceaux qui ont moins de tonus en sont moins passionnants, du coup mais ils peuvent garder un certain mystère sur We Were Here, Technically. Et puis ça permet de faire des étirements, c’est important aussi. Si la musique de C’Mon Tigre était un peu cérébrale, elle devient ici bien plus dansante sans se départir d’une complexité qui en fait la richesse. Et un des albums les plus revigorants du moment.
On a vite senti que la discographie de Feldup allait nous donner des nouvelles de sa santé mentale, que son cheminement intérieur était au cœur de son œuvre. Il en est de même d’artistes comme Kevin Barnes (of Montreal) ou Jamie Stewart (Xiu Xiu). Le titre de l’album semble indiquer qu’il espère aller mieux. On sent confusément que l’ironie narquoise n’est pas son truc, on espère donc que ça (…)
Il y a des artistes, comme ça, qui ne nous ont jamais déçus, à propos desquels on n’a jamais dû tempérer l’enthousiasme. Le Norvégien Einar Stray fait indéniablement partie de ce contingent. Cet attachement qui s’est manifesté pour Einar Stray Orchestra ou Mildfire avait commencé en 2011 et cet incroyable Chiaroscuro. On a réécouté l’album pour l’occasion et c’est toujours un grand plaisir. Le (…)
Etrange que les sorties d’un groupe qui nous est si cher échappent parfois à notre vigilance. Il faut dire que si leur style est toujours reconnaissable, l’ambition de leurs albums est variable. Au très spectaculaire et généreux ...And Out of the Void Came Love avait en effet succédé le plus intime Asphodels qui avait aussi moins marqué. On comprend très vite qu’on va rester proches de ce (…)
On pensait avoir compris la trajectoire de Get Well Soon, qui semblait évoluer vers une pop deplus en plus orchestrée.Mais le propre des artistes est de ne pas s’occuper de progression linéaire mais de suivre leurs inspirations et leurs envies. Et les envies actuelles de Konstantin Gropper semblent avoir six cordes.
En effet, à l’instar de Songs Against The Glaciation et de la tournée qui a (…)