dimanche 8 juillet 2007, par

Bouge tes pieds comme si tes chaussures étaient trop petites
Quand il a déboulé sans crier gare en 2005, Art Brut a apporté un peu de fraîcheur au milieu d’un revival eighties trop important pour être honnête. Dans un style assez dépouillé assez proche d’un Wire première mouture, ils proposaient des paroles qui tranchaient vraiment avec l’austérité ambiante. Il est donc entré par la grande porte dans la catégorie de ces trop rares groupes anglais qu’on écoute en priorité pour les paroles.
Que fallait-il pour réussir un second album ? Garder ce qui avait plu et un peu évoluer pour ne pas lasser. Le chanteur ne sera jamais une grande voix lyrique mais heureusement le sait. Il a donc un genre de parlé chanté très typique qui le rend reconnaissable et convient en fait fort bien au ton ironique des textes. Sur cet album, les histoires d’amour sont moins immatures mais toujours aussi bien observées (People In Love). Des incapacités passagères (Rusted Guns Of Milan) du premier album, on est passés à celui qui n’a pas trop envie mais se met la pression tout seul (Jealous Guy avec You wanna sleep and I do Too/But I can’t because I got something to prove). Il se pose d’ailleurs les seules vraies questions : How many girls did I see naked ?
Ils ont voulu prendre plus d’ampleur musicalement mais sans tomber dans la mode actuelle de la démonstration de testostérone. On s’éloigne quand même de la sècheresse à la Wire de Bang Bang Rock ‘n roll pour un punk-rock sans fioritures et d’une efficacité certaine. Le style, c’est un peu eux qui le définissent sur St Pauli : Punk-rock ist nicht todt. Il s’excuse de son allemand « appris sur des 45 tours ». Sur ce It’s A Bit Complicated, il y a deux titres clairement au dessus du lot et ils constituent logiquement les singles. Direct Hit (qui contient le Move around like your shoes don’t fit) et Nag Nag Nag Nag ont en effet un côté catchy bien plus marqué. C’est d’ailleurs un des seuls reproches qu’on puisse faire, cette certaine unifromité dans les chansons non destinées à sortir en simple...
On a dit que c’était aussi et surtout d’un band anglais qu’on écoute pour les paroles. Ils le savent quand ils parlent de « Learning the lyrics from the cd inlay/To impress people with the stupid things I say”. Mais on ne leur en veut pas, on continuera quand même à citer ses paroles et une petite dose de post-punk anguleux et décalé sera toujours bienvenue.
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’âge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)