jeudi 13 septembre 2007, par

La montée en première division
Ca va bientôt faire quatre ans qu’on écrit pour votre plaisir de lecture (j’y crois moyen) et d’écoute (j’y crois déjà plus). Un des avantages qu’une relative expérience confère, c’est qu’on a l’occasion de suivre de plus près l’éclosion et l’évolution de groupes. Film School est de ceux-là. Découverts en première partie de The National (n’arrivez pas en retard aux concerts, conseil d’ami), ils avaient sorti au début de l’an passé un premier album certes prometteur mais qui n’arrivait pas assez souvent à se hisser au niveau de leurs meilleurs moments (la fin dantesque de 11 :11).
Mais ils ont bien changé nos petits New-Yorkais. Le bond en avant qui frappe le plus est vocal. Alors qu’il était très souvent pris en défaut sur le premier opus, le chanteur fait montre ici d’une bien meilleure assurance aussi bien en voix de tête (Lectric, Capitalized I, Florida) que dans un registre plus grave (Sick Hipster Nursed by Suicide Girl). Le son de basse a lui aussi changé. L’allusion à The Cure est parfois flagrante. On croirait le clavier imitation violon de Two Kinds tout droit sorti de l’album Disintegration. Le flou de la ligne mélodique (un défaut léger inhérent au style pratiqué) et les guitares omniprésentes se chargeant de les distinguer. On remarquera aussi qu’ils noient moins le tout sous des murs de guitare que par le passé. Ca c’est pour le jeu des sept erreurs, exercice auquel il est difficile de résister quand on connait un peu une discographie.
Injecter une dose d’électricité dans une musique mélancolique est un procédé très courant. Les possibilités à la base restreintes permettent en réalité de se forger une vraie personnalité. Il n’y a qu’à consulter une grande partie des critiques récentes pour s’en rendre compte. Film School installe couche de guitare par couche de guitare pour imposer un mélange finalement léger (Compare). Florida est quand même très flou et brouillardeux. Buzzard Scout est lui à la limite de l’ambient, ce qui est carrément le cas de certains morceaux de transition (Must try Easier). Parfois aussi l’enjeu est plus grand (Plots And Plans) et on songe à I Love You But I’ve Chosen Darkness. Go Down Together est lui très plaisant dans la veine dream-pop qui a connu son moment de gloire il y a une quinzaine d’années. On mettra également dans les réussites les effets de transition réussis de Hipster Nursed by Suicide Girl. Les lignes mélodiques restent typiquement shoegaze, donc éthérées. C’est un gimmick qui finit par user sur la longueur. Mais comme c’est une musique d’atmosphère (Capitalized I), jouant bien plus des ambiances, on peu dire que c’est réussi. On se dit qu’avec juste un peu de nonchalance Sonic Youth ne serait pas loin. Heureusement, Film School ne s’en revendique pas, ce qui est heureux tant ce petit plus qui rend ces vétérans aussi indispensables a grillé de jeunes groupes. L’anodin guette parfois, sans doute plus induit par un brin de lassitude d’écoute (What I Mean To Say est quand même le treizième titre) que de la qualité intrinsèque.
Dans ce genre, Film School ne recherche pas la lenteur sombre à la Iliketrains ou la mélodie pure comme Gravenhurst mais un mur du son solide et enlevé. Ils se risquent en effet rarement à ralentir le tempo. C’est ça qui rend le tout jamais mièvre mais force encore une fois une certaine uniformité. Alors qu’on aurait pu craindre pour eux une concurrence des deux groupes cités qui sortent en même temps, ils tirent leur épingle du jeu grâce sans doute à une attente moins grande, un style pratiqué ne recherchant pas l’émotion pure et une évolution sensible. Ils cherchent juste à être plaisants et y arrivent presque toujours. Encore une fois, Film School propose un bon album à condition d’y chercher ce qui se trouve : un rock d’influence dream-pop atmosphérique et éthéré. Les progrès notables au niveau de la composition, de l’interprétation et de la production permettent aux New-Yorkais de se profiler comme une référence d’un certain revival ninenties.
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