Accueil > Critiques > 2009

Alela Diane - To Be Still

dimanche 12 avril 2009

Au coin du feu


J’ai découvert Alela Diane un peu par hasard par une petite pub sur le coin d’une page d’un rock&folk il y a à peine un an. Il était bien sà »r marqué un message du style : ’’la nouvelle folkeuse américaine blablabla’’. Je me suis donc procuré son premier album (The Pirate Gospel sorti en 2006) et je suis tombé directement sous le charme de ces compositions ultra simples, mais très mélodieuses et une voix magnifique d’écorchée vive sortie tout droit du bayou, une sorte de Bonnie ’’Prince’’ Billy en jupette. Je n’avais plus été ému comme cela par des morceaux guitare-voix depuis le ’’O’’ de Damien Rice.

Alela Diane Menig est née en 1983 à Nevada City en Californie, elle a grandi dans une famille ou la musique prend une place à part entière (elle est d’ailleurs accompagnée par son père en concert). Malgré le succès très honorable de son premier album pour ce style de musique qui vend malheureusement très peu, c’est un peu dans l’anonymat que sort son deuxieme album ’’To be still’’.

On sent que Alela a pris de la bouteille et se permet d’ouvrir l’album avec ’’Dry grass & shadows’’ un vieux blues à la guitare steel qui met directement dans l’ambiance, on n’est pas la pour rigoler, c’est du sérieux. Sur le morceau choisi comme single ’’White as diamonds’’ Alela épaissit un peu ses compositions avec du violon et une batterie plus en avant, mais sans jamais porter préjudice à sa voix absolument magnifique qui fout des frissons tellement elle est maîtrisée. ’’Age old blue’’ marque également un pas en avant avec duo malheureusement pas toujours évident étant donné que la voix du mec est....heu...moche.

Sur la plage titulaire Alela revient à son style de prédilection, des arpèges jouer au doigt (en fingerpicking pour les amoureux de la guitare) et sa voix qu’elle maitrise mieux que sa guitare si vous voulez mon avis. La seule chose que je pourrais reprocher à cette album est probablement son manque de diversité mais c’est le style qui veut cela sans doute.

Alela parvient a m’émouvoir presque jusqu’aux larmes (si si j’avoue) avec le dernier morceaux ’’lady divine’’ ce qui était déjà le cas sur son précédent album avec ’’oh ! My Mama’’ (j’insiste encore pour ceux qui ont raté le coche, procurez vous son premier disque). La fin d’une chanson comme cela donne une seule envie, c’est pousser sur repeat.

Alela est la nouvelle grande demoiselle du folk américain et espérons qu’elle aura un jour le succès qu’elle mérite, mais dans un pays dominé par le rnb mielleux et le hip-hop de caillera comme disent les djeuns c’est pas gagné.

Une petite vidéo pour illustrer.


Répondre à cet article

1 Message

  • Avi Engel – Seedhead

    Seedhead marque le retour d’un artiste qui nous avait envoûté il y a un petit temps déjà et rappelle pourquoi on avait tant aimé ça. Le ton est encore plus apaisé encore, renforçant cette impression de distance, suscitant une envie d’abandon. Portées par une belle voix, les morceaux sont lents, un peu répétitifs, comme une mélopée lancinante. C’est l’impression d’ensemble qui prime tant la (…)

  • Fink - The City is Coming To Erase It All

    Avec un parcours atypique de l’électronique vers une relecture très particulière du folk et une personnalité indéniable, la personnalité de Fink est toujours aussi reconnaissable. Et ces énièmes retrouvailles se sont encore une fois révélées bien gratifiantes.
    Une fois atteinte la balise du blues acoustique le plus dépouillé de Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1, il était revenu à des (…)

  • Tamise - Silent Island

    En plus d’être remarquablement achalandé (Maxwell Farrington & Le Super Homard, The Apartments, Feldup, Raoul Vignal, GRIVE, Stéphane Milochévitch, Nadine Khouri...), Talitres a le bon goût d’envoyer ses albums bien en avance. Donc on a beaucoup de temps pour s’en imprégner sans être pressé par l’actualité. Et souvent, c’est au bénéfice des artistes. Spécialement dans le cas du duo mixte (…)

  • The Wooden Wolf - Indigo Prayers Op.8

    On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
    Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui (…)