mardi 8 août 2006

Et un retour, un ! Finalement, il ne nous avait pas quittés il y a si longtemps que ça, mais l’indigence des derniers albums nous faisaient croire à une séance de sur-place telle (No more shall we part, Nocturama) qu’on ne s’attendait pas à le voir ressurgir.
Il faut pour prendre toute la mesure d’un nouvel album de l’Australien faire un petit retour en arrière. Nous sommes au début des années ’80. Des terroristes sonores du nom de The Birthday party déconcertent les tenants les plus curieux de la scène alternative. Si vous trouvez un album de cette période-là , tendez l’oreille mais pas trop longtemps, c’est rapidement éreintant et extrémiste. Puis la carrière solo qui suit va tourner d’expérimentions sonores (Your funeral, my trial) en hymnes folk burnés (Henry’s dream) en passant par des albums sombres et apaisés (The good son) et des albums sombres et tourmentés (le romantique Let love in). Et puis, le recueillement presque mystique s’empare de lui (The boatman’s call, No more shall we part) avant de le voir sérieusement radoter (Nocturama).
Dès les premières notes de Get ready for love, on sent l’envie d’en découdre, la rage de revenir. Bien sà »r, les choeurs qui parsèment ce double album (plutôt deux simples d’ailleurs) comme par exemple sur Nature boy évoquent les productions les plus récentes de Leonard Cohen, ce qui n’est pas forcément ce que je préfère mais enfin, la rage revient.
Ceux qui connaissent l’oeuvre du maître corbeau seront tout de suite en terrain connu (les crissements de Cannibal blues). Le plus déconcertant pour qui ne connait que les derniers opus sera sans doute Hiding all away, déstructuré, cassé mais puissant. La propension à la rupture s’exprime également sur Fable of the brown ape. Mon préféré restera l’emballement total de There she goes my beautiful world, qui m’évoque le pourtant insurpassable The Mercy seat. Rendons tout de même aux bad seeds (en grande forme) l’honneur d’interdire toute mièvrerie (Messiah ward).
Pour ne rien vous cacher, la seconde partie m’a moins touché. Mais en l’abordant comme une bonne petite douceur, elle est un contrepoint très réussi à la furie de la première.
En offrant une relecture d’une déjà longue carrière, en renouant avec la qualité et la quantité, ce double album installe Nick Cave comme un songwriter incontournable. (M.)
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