jeudi 13 août 2009

Just Try to stay positive
On a beau être de bonne composition, on est par habitude assez méfiants vis-à -vis des albums trop buzzés. Un raffut du NME, une origine française finalement exotique, un style frais mais à la lisière de la grosse déconne, voilà ce qui nous retenait un peu. Pourtant, Listen2fight nous avait déjà encouragés à y jeter une oreille.
Pour ce qui est de leur origine, elle est finalement étonnante mais complètement anecdotique tant ils évoluent loin des autres productions d’Outre-quiévrain. En effet, ils n’hésitent pas à faire appel à une bonne vieille guitare pour rehausser leurs effets (Get Love, Wow Now) et ainsi évoquer le Bloodhound Gang. Et c’est souvent sur un phrasé typé hip-hop que les morceaux reposent.
Ce surcroit de rythmique au niveau de la voix amène de belles surprises mais quand il se voit trop poussé, l’effet général est gà¢ché et on se retrouve avec un morceau certes énergétique mais un peu sommaire (Boring David, Wow Now). Mais un Can’t Choose est aidé par une section rythmique d’une simplicité déconcertante qui révèle en fait l’efficacité de la composition. On a même droit à un groove réminiscent des compos de Calvin Harris (Janeiro), mais servi pour un vrai guitariste, ce qui ne gà¢che rien, loin de là .
Ils ont aussi le bon goà »t de ne pas transformer ce phrasé hip-hop en gimmick, alternant avec des morceaux chantés. La qualité du songwriting peut se vérifier quand on n’a plus l’excuse de faire bouger les gens. Un Dual Income No Kids s’avère donc une bonne surprise. Pas bouleversante en soi mais qui montre un potentiel pour sortir de la bourrinade proto-électro. Et dans le style des morceaux qui font penser aux vacances, Just another Day se conçoit un verre de punch à la main, dans un transat. C’est frais, positif et léger. Et l’ambiance de coolitude générale qui se dégage de l’album peut renvoyer aux belles heures de Cake.
Il faut parfois insérer un morceau "over the top", un interlude déjanté, comme le Koolaid de Just Jack. Ici ce sera LA Trumpets, juste ce qu’il faut pour vous réveiller. Un synthé gonflé à la disto, une basse, un gros beat, des fills de guitare agressifs, il n’en faut pas plus pour nous amuser 105 secondes. On se croirait revenu au temps du premier Infadels.
Ce n’est pas du pessimisme foncier mais il faut sans doute profiter de cet album et ne pas espérer de jours meilleurs. Dans cette zone grise entre le rock et l’electro à visées dansantes, les premiers albums enthousiasmants entrainent un inévitable questionnement souvent résolu de façon décevante (The Rapture, Infadels, Bloc Party). On ne voudrait pas être à la place des excellents Foals. Mais bon, on va laisser le temps faire son œuvre et prendre cet album pour ce qu’il est, c’est-à -dire une bonne lampée de morceaux remuants sans prise de tête ni lobotomie. L’énergie positive est bien au rendez-vous en tous cas.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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