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Clinic : Winchester Cathedral

jeudi 10 août 2006, par marc


Il est trop rare de rencontrer des groupes qui ont créé leur propre univers pour bouder son plaisir. Si le second album (Walking with the three) avait montré de vraies dispositions, celui-ci enfonce encore plus le clou. En cherchant à quoi diable tout ça pouvait me faire penser, la réponse m’est parue évidente : c’est le Wire des années 2000. Cette même façon d’imposer à nos oreilles une pop expérimentale (oui, c’est possible), ces mêmes atmosphères froides, on est vraismblablement dans les mêmes eaux que les incontournables précurseurs. L’époque est aux mélanges, à la citation, mais on retrouve ici la même cutiosité que celle qqui prévalait à la charnière des années 70 et 80.

Si on ne trouve pas ici de titre plus électronique tel que Come into my room. Après des morceaux très convaincants (Country mile, l’instrumental Take-off in Egypt) et des variations de tempo (l’introverti Home et le nerveux et encore une fois très Wire W.D.Y.Y.B.), l’écoute d’une traîte révèle des redites. En tous cas, ne passez pas à côté de cet univers personnel et singulier. (M.)

    Article Ecrit par marc

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