mercredi 9 septembre 2009, par

Bricolage de luxe
A franchement parler, je ne m’attendais pas à avoir si vite des nouvelles de Throw Me The Statue. C’est que les albums bricolos et hurluberlus comme Moonbeams, on les écoute, les apprécie mais c’est rarement sur un plan de carrière qu’ils sont bâtis. On reste donc parfois sans nouvelle de leurs prolixes et discrets auteurs.
J’ai évidemment réécouté Moonbeams pour mesurer le chemin parcouru. On y entend une pop bricolo, détendue, attachante, enrichie à coups de claviers en liberté, de rythmes simplistes qui faisaient mouche. Sans doute le casting s’est-il élargi pour cet album-ci parce que les morceaux marquants ont été enrichis en discrets synthés notamment, ce qui les fait garder le cap même quand un morceau pourrait être plus anodin. Personnellement, je n’ai que rarement regretté le passage d’un boxon sympathique à des morceaux plus amples. Je ne bouderai donc pas mon plaisir surtout que l’inspiration ne s’est pas fait la malle, que du contraire. On passe donc d’une vraie pop libre et positive (Dizzy From The Fall) à des moments délicats qui fonctionnent aussi (Shade For A Shadow) ou de la luxuriance d’un Waving At The Shore à une simplicité encore de mise (Baby, You’re Bored).
Des sons de boîte à rythmes familiers interviennent dès Tag. Mais le tout est bien plus dense que par le passé. Ce morceau fait beaucoup penser aux Dodos qui nous sont d’ailleurs revenus récemment et vous trottera en tête à coup sûr. Et ils nous avaient habitués à ça mais on est toujours aussi contents de retrouver leur éclectisme car le morceau suivant n’a rien à voir. C’est un rock triste et carré. Oui ça existe et ça s’appelle Ancestors et c’est aussi ce que je préfère sur cet album. Le décalage entre la délicatesse de la voix et la fermeté du beat fonctionne en plein en tous cas, sans jamais se départir d’une certaine retenue indie dans la production. Rappelez-vous le merveilleux Sleep The Clock Around de Belle And Sebastian. D’ailleurs, je me suis aussi souvenu des Ecossais pour la délicatesse et la fragilité de la voix sur Pistols, Cannibal Rays ou Shade For A Shadow.
The Outer Folds illustre très bien cette nouvelle tendance. On est loin de la balade crapuleuse parce qu’on reste dans une simplicité de bon aloi, mais tout est impeccablement en place. Le petit banjo venant relever d’un petit riff ce grand petit morceau. La pop gentille a quand même une certaine propension à me lourder assez vite (Spinto Band, ce genre) mais ici je suis client. N’attendez pas de moi plus qu’une simple constatation sur ce coup-là.
De sympathique production, Throw Me The Statue est passé, comme son voisin de Yacht (de Portland, bon, ce sont des distances américaines quoi…), à la vitesse supérieure et a garni son bricolage touche-à-tout. Il en devient donc un conseil tout trouvé.
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être râpeux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
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Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)
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