mercredi 14 octobre 2009

Voix éternelle
Il n’existe pas d’à¢ge d’or de la musique. Evidemment, on a tendance souvent à considérer tel le moment où un univers musical s’est ouvert à nous. Et il y a une quinzaine d’années, cette voix merveilleuse qui était celle de Mazzy Star à l’époque m’a fait passer (avec d’autres) de la musique subie à la musique choisie à la passion. Depuis, il y a eu bien des occasions de recroiser cette voix d’exception. Mais plutôt que déballer une version expurgée de ces hauts faits, je vous encourage à aller voir du côté des origines de la cage aux folk (en deux parties ici et ici).
Les Warm inventions, c’est un peu comme le Magical Orchestra de Susanna, c’est une seule personne (enfin,, il y a d’autres personnes en studio quand même). Et le plus surprenant dans ce cas, c’est qu’il s’agisse du batteur de My Bloody Valentine Colm O’Ciosoig, qui a fasciné récemment pour ses concerts subtils comme un Airbus au décollage. Alors, on sent moins l’influence du Velvet que sur les albums de Mazzy Star. Il manque aussi peut-être les morceaux marquants des trois albums du groupe susmentionné puisque David Rorback n’a pas été complètement remplacé, mais c’est un album d’ambiance dont on parle, une plaque qui installe la langueur en deux temps trois mouvements. Si vous êtes d’humeur somnolente, rien ne viendra vous sortir de votre torpeur. C’est pour ça qu’on ne va pas top s’appesantir sur le manque relatif de relief des morceaux pris séparément.
On pourra y retrouver un Fall Aside Plus répétitif, comme une version moins vénéneuse de chansons du passé (So Tonight That I Might See). Car les morceaux s’enchainent presque à notre insu, avec des gimmicks reconnaissables d’une écoute à l’autre comme le riff de For The Rest Of Your Life. C’est définitivement hors du temps, comme Suzanna, Marissa Nadler et autres Lisa Gerrard. On ne mise pas ici sur un revival. La voix reprend tout de suite les choses où elle les avait laissées en 2001 sur le précédent Bavarian Fruit Bread. Steel guitar, accords plaqués, un peu de cloches et de violon (Thinking Like That). C’est un album qui donne peu à commenter, peu à décrire finalement, et où le plaisir de l’auditeur n’aide pas la perplexité de celui qui s’est mis en tête d’y consacrer un article.
Lors de la seconde écoute, l’attention se porte sur une chanson en particulier et on sent qu’elle sera l’attraction, celle qui fera qu’on y reviendra souvent. Pour moi ce fut Trouble (le clairvoyant Paulo l’a proposé en brève). Pour vous ce sera peut-être une autre. Mais il n’est pas toujours nécessaire puisque c’est un état d’esprit langoureux qu’on recherche lors des écoutes. Plus bluesy, plus appuyée, elle cède plus facilement à l’admiration tout comme l’impeccable slow (Blue Bird). On ne cherchera pas ailleurs des traces des irremplaçables Mazzy Star mais plus qu’une hypothétique voix du passé, c’est un des organes féminins les plus touchants qui soient qui vous convoque. Alors soyez prêts à ce spleen formidable, à cette voix de petite fille boudeuse et revenue de tout. Hope m’est précieuse, je gage que c’est peut-être votre cas aussi.
Seedhead marque le retour d’un artiste qui nous avait envoûté il y a un petit temps déjà et rappelle pourquoi on avait tant aimé ça. Le ton est encore plus apaisé encore, renforçant cette impression de distance, suscitant une envie d’abandon. Portées par une belle voix, les morceaux sont lents, un peu répétitifs, comme une mélopée lancinante. C’est l’impression d’ensemble qui prime tant la (…)
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Une fois atteinte la balise du blues acoustique le plus dépouillé de Fink’s Sunday Night Blues Club, Vol. 1, il était revenu à des (…)
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On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
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