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Wire - 10:20

mercredi 8 juillet 2020, par Marc


Un album d’inédits sortis pour le Record Store Day, ce n’est pas a priori la proposition la plus alléchante de la part de Wire, même si une discographie étalée sur 43 ans et des setlists imprévisibles regorgent de morceaux peu ou pas entendus. C’est sur le papier donc un album pour fans exclusifs, pour collectionneurs compulsifs et dont le résultat est hétéroclite. Enfin, tout ça serait vrai si Wire était un groupe habituel.

Parce que Wire est tout sauf un groupe comme les autres. Ne refaisons pas leur histoire à chaque fois, et pour un avis d’expert, je vous renvoie au Wirologue (une première lettre qui change beaucoup en ces temps…) distingué qui hante occasionnellement ces colonnes. Mais une histoire intéressante n’a jamais fait un bon album et celui-ci en est indéniablement un, enthousiasmant de bout en bout.

Donc, aucun de ces morceaux ne nous était connu. Mais comme ils ont tout retravaillé, parfois en profondeur, jamais on n’a l’impression d’une collection hétéroclite pour amateurs d’incunables. L’écoute se révèle cependant et logiquement plus éclectique que celle du Mind Hive paru plus tôt cette année. On savait depuis Change Become Us que quand ils se penchaient sur du matériel ancien, le résultat ne sentait jamais la naphtaline.

Boiling Boy et ses guitares en brouillard sont une impeccable introduction. A cet album et à leur style. En appréciant l’urgence d’Underwater Experience, on apprend qu’il devait être sur l’insurpassable Chairs Missing de 1978. Oui, il y a 42 ans et cette révision est impeccable de fureur et de flegme insensé dans ce contexte. Et puis qui d’autre pouvait nous assurer qu’un des meilleurs moments de 2020 a été écrit en 2000 ? Le riff lancinant de The Art of Persistence n’est pas près de quitter notre tête en tous cas. Celui d’Over Theirs pourrait être sombre et lourd mais ils gardent la tête froide en toute occasion et leur science du son en fait quelque chose étonnamment digeste. On note aussi la facilité d’accès et rondeur du son de Small Black Reptile qui permet à une guitare frippienne de s’exprimer.

Ne rien faire comme les autres n’a que peu de sens si on n’en profite pas pour faire mieux que les autres. En reprenant avec l’inspiration du moment des morceaux issus de périodes très différentes, Wire produit un album au final moderne, aussi inclassable qu’eux et peut-être plus enthousiasmant que Mind Hive paru plus tôt dans l’année. Vous êtes simplement curieux et se frotter à des albums immortels vous impressionne ? Cette relecture de morceaux pourrait être une introduction idéale avant de vous plonger dans une des plus passionnantes discographies du demi-siècle passé.

Article écrit par Marc

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