Accueil > Musique > 2014 > Benjamin Schoos - Beau Futur

Benjamin Schoos - Beau Futur

mercredi 31 décembre 2014, par Marc


Un jour Clap Your Hands Say Yeahse rendra compte que le nom ne colle plus du tout à la musique. C’est sans doute une prise de conscience du genre qui a poussé Benjamin Schoos à ne plus publier sous le nom de Miam Monster Miam, et on le comprend.

Il semble d’ailleurs compliqué pour nous d’écouter ces albums avec une oreille neuve, en faisant abstraction de ses albums de jeunesse ou de ses hilarantes parodies de DJ Cinquante Centimes mais ce n’est absolument pas perturbant. Au contraire, ce second degré affiché lui permet d’aborder des albums ambitieux comme celui-ci avec tout le sérieux nécessaire, sans devoir recourir à une ironie de façade.

On l’a déjà dit, c’est surtout le contexte, le vécu et les affinités qui le distinguent d’un Benjamin Biolay. Parce que les éléments rapprochant ces artistes sont nombreux. On sent cette science du son et de l’arrangement fouillé pour faire de Visiter la Lune un grand morceau, puissant et direct et il peut aussi compter sur un carnet d’adresse de première bourre.

On sait qu’il a autour de lui une bande fidèle de gens talentueux. Et pouvoir compter sur Jaques Duvall est un atout non négligeable. D’ailleurs, on ne sait pas toujours qui écrit quoi entre Duvall, Schoos ou Doriand mais il y a une continuité, une cohérence. Continuité également avec le retour de Laetitia Sadier qui tente avec Une Dernière Danse de refaire le coup de l’irrésistible Je Ne Vois Que Vous (et ça marche presque), tout comme J’ai Essayé De T’aimer (et ça marche moins) avec April March. Dans Les Bras De La Nuit est déclamé par Alain Chamfort soi-même et la reprise d’un morceau pas génial à la base de Timbuk3 est joliment assurée par Stef Kamil Carlens (Zita Swoon). Citons aussi La Féline et Michel Moers (Telex) et on aura presque fait le tour.

C’est bien beau d’inviter des amis mais il faut aussi assurer le fond. Et on sait dès la belle pochette qu’on est dans une veine nostalgique. Le rétro-futurisme étant une des plus sûres façons de flanquer le bourdon. On retrouve donc de courtes fantaisies avec synthés vintage mêlées de violon. On sait que dans un passé récent Get Well Soon ou Florent Marchet ont pratiqué le genre, avec des résultats parfois anxiogènes.

L’émotion, elle, peut naitre du piano du Cascadeur, histoire prosaïque et absurde qui n’est pas sans rappeler le précédent China Man vs China Girl. Il y a donc une unité mais pas mal de variations, entre les grands morceaux (Visiter la Lune) et les fantaisies sur les mots (Villa Borghini) abordées avec sérieux. Disons-le aussi, la ligne rouge est franchie pour moi (mais sans doute pas pour tout le monde) sur Le Beau Futur, le kitsch Granite et le crevant La Vuelta Del Doctor Amor. Mais bon, c’est une question de dosage, de perception personnelle.

Mine de rien, sans déclaration tonitruante, Benjamin Schoos monte en puissance. Avec un joli casting, un goût de la chose bien faite et quelques morceaux puissants, il vient en tous cas de sortir un bien bel album

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Monolithe Noir – Rin

    Quand on a appris l’existence de Monolithe Noir à l’annonce de cet album, l’oreille a tout de suite été accrochée et les témoignages live qui existent ont franchement impressionné. La lecture des titres nous renverrait plutôt chez Yann Tiersen. Le clin d’œil mis à part, ce qu’a produit le Breton récemment n’est pas si éloigné et puis la Bretagne et ses paysages sont une source d’inspiration ici. On trouve ce qui nous avait attirés chez eux, ce dialogue permanent entre structure et textures et puis une vraie (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • La Jungle - Ephemeral Feast

    Un peu plus d’un an après Falling Off The Apex, voici déjà La Jungle. Initialement prévu à la fin de l’an passé, il puise comme beaucoup de sorties récentes sa composition pendant la pandémie. Les artistes qui ne tournent pas produisent, c’est assez logique. Ce qui est logique aussi, c’est que cet album se place dans la lignée des précédents.
    Ils se définissent comme kraut/noise et on peut dire que pour imparfaite qu’elle soit, cette étiquette permet de se faire une idée. Ils s’appuient sur une répétition (...)

  • Solah - Ballades

    On le sait, ce qu’on reprend est moins important que la façon dont on le reprend. Quand on prend connaissance des morceaux présents ici, il faut dire qu’un petit frisson parcourt l’échine. On dira pudiquement qu’ils sont éloignés de l’univers musical dont on cause ici. Il y a d’inoxydables classiques, certes, mais on reste proche des heures sombres de Nostalgie.
    Grégory Duby officie souvent en tant que Jesus Is My Son mais on l’a aussi croisé récemment en tant que moitié des très convaincants Secte et (...)