mercredi 31 décembre 2014

Un jour Clap Your Hands Say Yeahse rendra compte que le nom ne colle plus du tout à la musique. C’est sans doute une prise de conscience du genre qui a poussé Benjamin Schoos à ne plus publier sous le nom de Miam Monster Miam, et on le comprend.
Il semble d’ailleurs compliqué pour nous d’écouter ces albums avec une oreille neuve, en faisant abstraction de ses albums de jeunesse ou de ses hilarantes parodies de DJ Cinquante Centimes mais ce n’est absolument pas perturbant. Au contraire, ce second degré affiché lui permet d’aborder des albums ambitieux comme celui-ci avec tout le sérieux nécessaire, sans devoir recourir à une ironie de façade.
On l’a déjà dit, c’est surtout le contexte, le vécu et les affinités qui le distinguent d’un Benjamin Biolay. Parce que les éléments rapprochant ces artistes sont nombreux. On sent cette science du son et de l’arrangement fouillé pour faire de Visiter la Lune un grand morceau, puissant et direct et il peut aussi compter sur un carnet d’adresse de première bourre.
On sait qu’il a autour de lui une bande fidèle de gens talentueux. Et pouvoir compter sur Jaques Duvall est un atout non négligeable. D’ailleurs, on ne sait pas toujours qui écrit quoi entre Duvall, Schoos ou Doriand mais il y a une continuité, une cohérence. Continuité également avec le retour de Laetitia Sadier qui tente avec Une Dernière Danse de refaire le coup de l’irrésistible Je Ne Vois Que Vous (et ça marche presque), tout comme J’ai Essayé De T’aimer (et ça marche moins) avec April March. Dans Les Bras De La Nuit est déclamé par Alain Chamfort soi-même et la reprise d’un morceau pas génial à la base de Timbuk3 est joliment assurée par Stef Kamil Carlens (Zita Swoon). Citons aussi La Féline et Michel Moers (Telex) et on aura presque fait le tour.
C’est bien beau d’inviter des amis mais il faut aussi assurer le fond. Et on sait dès la belle pochette qu’on est dans une veine nostalgique. Le rétro-futurisme étant une des plus sà »res façons de flanquer le bourdon. On retrouve donc de courtes fantaisies avec synthés vintage mêlées de violon. On sait que dans un passé récent Get Well Soon ou Florent Marchet ont pratiqué le genre, avec des résultats parfois anxiogènes.
L’émotion, elle, peut naitre du piano du Cascadeur, histoire prosaà¯que et absurde qui n’est pas sans rappeler le précédent China Man vs China Girl. Il y a donc une unité mais pas mal de variations, entre les grands morceaux (Visiter la Lune) et les fantaisies sur les mots (Villa Borghini) abordées avec sérieux. Disons-le aussi, la ligne rouge est franchie pour moi (mais sans doute pas pour tout le monde) sur Le Beau Futur, le kitsch Granite et le crevant La Vuelta Del Doctor Amor. Mais bon, c’est une question de dosage, de perception personnelle.
Mine de rien, sans déclaration tonitruante, Benjamin Schoos monte en puissance. Avec un joli casting, un goà »t de la chose bien faite et quelques morceaux puissants, il vient en tous cas de sortir un bien bel album
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