vendredi 30 décembre 2016

Dernières découvertes de l’année avant de se plonger dans le grand bain de la rétrospective.
Tout le post-rock n’est pas instrumental, tout l’instrumental n’est pas post-rock et c’est dans cette relation non bijective qu’on placera le duo New-Yorkais. Certes, on les présente comme pratiquant du math-rock mais on est loin des poncifs rythmiques compliqués du genre.
C’est donc une musique gentiment expérimentale et assez directe. Le premier Don’t Go To The Pool Party monte déjà bien joyeusement, avec une volonté de gigoter qui fait plaisir à voir.
La batterie est évidemment assez fouillée, même si peu mise à l’avant-plan. Books joue ainsi sur la variation, et la réussit. Cette pulsation qui a déserté des formation comme Tortoise (et les rendant bien ennuyeuses à mes oreilles) est bien là et on pense à des formations comme Holy Fuck ou Berg Sans Nipple mais avec un son propre, ne reculant pas devant de plus grosses guitares (Tin Roof Burrito). Au final, cette musique expérimentale vise le plaisir simple et ravira les amateurs de rythme non hystérique.
Early Spring Horses est le prête-nom du Suédois Vincent Stockholm et est d’une douceur inattaquable. Un piano, il n’en faut parfois pas plus pour lui. S’il est souvent léger (Ariel), il distille sans coup férir ses arpèges répétitifs et entêtants.
Mais il ne vise pas l’arrache-cœur ou la jolie balade à tout prix puisqu’on entend aussi une pulsation électronique légère sur Across The Roaring Forties, lui conférant une vraie tension. The Bark quant à lui se fait plus acoustique, avec d’élégantes cordes.
La voix grave et ce piano peuvent aussi renvoyer aux œuvres de Sol Invictus et Death In June sans évidemment l’aspect sulfureux. La voix est étrangement proche de celle de Laurent Leemans (Chaos In My House sur ses traumas d’enfance) et toujours chaleureuse.
Très subtil sans être éthéré, cet album d’Early Spring Horses plaira immédiatement aux amateurs de belles choses pas fades, à ceux qui prendront le temps de s’imprégner d’une douceur sans mièvrerie ajoutée.
Et si finalement, c’était ce qui était le plus proche du familier qui pouvait paraitre le plus singulier. Ce qui est trop éloigné ne semble pas étrange puisqu’on n’essaie pas d’y appliquer nos codes. Les quatre titres du duo parisien Pépite (c’est chez Microqlima) est tout de suite familier, mais pas complètement, et si on apprécie assez vite ce qu’on y entend, il faut se laisser imprégner pour que l’effet soit maximal.
Cette pop est chantée en français, ce qui est non seulement courageux mais aussi assez pertinent. Pourquoi se faire passer pour ce qu’on n’est pas ? On pense par moments à Christophe qui jouerait avec Beach House, ce genre de collision. Mais c’est le climat de langueur, la densité qui emportent l’adhésion.
Les titres se ressemblent un peu, dégageant une vraie cohérence. Dans le détail, c’est plus subtil, et décolle véritablement avec le languide Eviter Les Naufrages avant d’enfoncer le clou par Les Hiéroglyphes et nous laisser sur les guitares acides de Les Bateaux. On réserve donc son ticket pour un vrai album qui viendrait entériner cette belle promesse.
L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
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