vendredi 16 septembre 2022

On connaissait déjà la formation à l’étrange patronyme félin mais on a bizarrement attendu leur troisième album pour vous en parler, sans doute parce que l’équilibre atteint ici nous parle plus. Leur style s’inspire un peu du Jazz mais plus pour l’ampleur et la liberté, le résultat étant souvent ensoleillé.
Par exemple, Supernatural avec ses soli déstructurés se présente comme point médian entre Portishead et Calexico. Cette dialectique entre soleil et plus de froideur baigne tout cet album et en fait le sel, l’équilibre étant en permanence perturbé et rétabli. On bascule du plus lent et moite et avec des cordes (on adore Automatic Ctrl), plus de groove épais et électronique (Burning Down) ou de belles cordes et élégies vocodées (The River). On n’est donc clairement pas dans de la musique d’ambianceur.
Même s’il se dégage un groove tenace de l’entêtant Twist To Any Shape qui prend le temps de s’arrêter pour mieux repartir. Et puis il y a aussi des invités. Le flow de Mick Jenkins est parfaitement à sa place sur Flowers In My Spoon et le plus frappant Sleeping Beauties convoque tout de même Colin Stetson. Notons qu’il y a même du chant en français sur La Mer et l’Amour.
La tête aimera cet album parfaitement exécuté de C’Mon Tigre. Et elle aimera balancer sur cet album festif mais la fête est cotonneuse et s’est probablement déroulée la veille. Reste une sensation de légèreté et d’angoisse mêlées.
Il peut y avoir une certaine fascination pour les choses qu’on ne comprend pas tout à fait. En matière de musique électronique qu’on survole avec plaisir mais dont on ne perçoit que rarement la profondeur, certains artistes séduisent sans qu’on arrive tout-à-fait à expliquer pourquoi. Ricardo Villalobos ou Ellen Allien, avec leur fausse sècheresse et leur inventivité sous-jacente font (…)
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
Après avoir revisité sa jeunesse suisse (…)
L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
La (…)
Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)