lundi 16 janvier 2023, par

Si le hip-hop est hégémonique, ce n’est pas la seule voie pour mêler écriture et musique comme le confirme brillamment le duo de Montpellier sur son premier album. Ce qu’on peut dire tout de suite est qu’on apprécie cette poésie naturaliste. Il est toujours difficile de dire précisément pourquoi. C’est entièrement au premier degré mais jamais sentencieux et musicalement, ces vignettes se distinguent facilement les unes des autres avec une solidité et une variété indéniables. Bref, on a senti dès les deux singles qu’on allait les suivre et l’album confirme ces excellentes dispositions. Locomotive est un très engageant départ
Comme Thousand, ils ont opté pour un nom anglais pour s’exprimer en français. Si le mélange fonctionne aussi en acoustique avec arpèges et harmonica (Sous Les Lampadaires), c’est surtout quand ils pratiquent le funk electro hors d’âge (Le Geôlier), du jazz plus ancien (Mirage), acide comme il faut (Cette Valise) ou un air de rock planant seventies (Le Puits) qu’ils donnent toute leur mesure. Signalons que ce n’est jamais passéiste non plus.
Et ça raconte des histoires, des souvenirs, voire carrément un roman noir (Lily). C’est enlevé, pas sentencieux et la voix grave captive. L’ambition est une qualité saine, surtout si on se donne les moyens de l’assumer. Et le duo ne manque pas de ressources comme en témoigne ce premier album vraiment enthousiasmant.
Les EP ont parfois cette fonction de prendre des nouvelles des artistes de temps en temps (même si on le lit souvent ici). Comment va Centredumonde en cette fin 2025 ? Je dirais ‘bien’. Mieux que ça serait suspicieux de toute façon. Son énergie est là, c’est manifeste. S’il est illusoire d’écouter ce Moteur Étrange comme motivateur, il s’en dégage une vitalité paradoxale.
Sur Camarde, (…)
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