vendredi 24 mai 2019

Vitalic nous avait ouvert une porte, il y a une quinzaine d’années. Dans la queue de comète d’une vague electroclash qui s’étiolait, il nous avait donné le goà »t de la baston sonore, des prestations un peu grisantes. Ce n’était pas toujours subtil, vraiment pas même, mais on s’est découvert une addiction pour ces pulsions sudoripares. Et si les albums se sont succédé sans toujours convaincre sur la longueur, il restait des petites giclées d’adrénaline à chaque fois.
Aujourd’hui, Pascal Arbez-Nicolas s’allie à Rebeka Warrior, Julia Lanoë pour l’état civil, chanteuse de Sexy Sushi et Mansfield.TYA, qui avait déjà collaboré le temps du percutant Mort Sur le Dancefloor. Ce ne sont rien moins que des noms tels Einsturzende Neubauten qui sont convoqués mais pour être parfaitement honnête, on ne trouvera que fort peu de ressemblances littérales avec la légendaire formation industrielle teutonne. Par contre on sent un ton plus martial et binaire, confinant certes plus à l’EBM.
Tout commence pourtant gentiment. On reconnait les sons de Vitalic mais il y a des voix enfantines. C’est plus martial, plus lourd, plus lent que les beats ciselés auxquels on est habitués. Logiquement, les références réclament de parler en Allemand. Sans doute qu’on a vu trop de films de guerre et écouté trop d’électro berlinoise mais c’est toujours un peu anxiogène et l’effet n’est pas désagréable. N’étant pas plus familier que ça avec la langue de Konstantin Gropper, on ne s’étendra pas sur la crédibilité de la prononciation (on soupçonne que ce n’est pas trop ça cependant). En français, c’est Adèle Haenel qui est convoquée sur De Mon Ame à Ton Ame et c’est une très bonne idée.
On voit sur Traum und Existenz que l’art d’ajouter la couche finale sur un morceau est bien là . Il est en ça plus éloigné des écoles minimales d’Outre-Rhin. On sent qu’en live il relancera forcément ce morceau. Niemand est par son tempo plus lent plus proche de l’Italo Disco. Et puis on ne se refait pas, il retrouve ses sons à¢pres et amples à la fois pour que l’aspect bombastique soit confirmé. On a donc quelques morceaux qui montrent deux visages (Die tausende Herbste, la baston sur la fin de Herztod) et évidemment ça passe tout seul sur la vitesse et un gimmick entêtant (Auf Immer Und Ewig)
Parfois il nous faut des choses subtiles. Parfois non. Dans ce second cas, on a toujours pu compter sur Pascal Arbez-Nicolas. Même si les références sont claires et assumées, il y a ici une belle couche de Vitalic qui enrobe le tout. On avait aimé la majorité des morceaux de ses derniers albums tout en déplorant que certains vocaux étaient trop passe-partout. En collaborant avec Rebeka Warrior, en privilégiant l’Allemand et en retrouvant un son plus abrasif, Vitalic sort peut-être son album le plus abouti.
L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
La (…)
Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)
Certains labels sont une promesse. En se frottant à une sortie de l’aventureux Kythibong, on sait qu’on s’embarque pour une aventure. D’autant plus que la cheville ouvrière Aymeric Chasleries est ici à la manœuvre, associé à Maxime Canelli.
Le nom de la formation est tiré du jeu Nokia Snake 2. Au-delà de l’anecdote, on sent qu’une envie ludique domine largement ici. Utiliser des instruments (…)
On vous avait déjà parlé de l’éclectisme des Allemands Sparkling et si cette caractéristique se retrouve toujours, ils ont sensiblement déplacé le curseur. Exit la composante post-punk ou les allusions à Wire, le virage est plus pop. Et réussi comme on va le décrire.
D’emblée, We sonne presque comme du Sparks. Et cette veine se retrouvera au détour des plus rentre-dedans et électriques (…)