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Squid - Ô Monolith

vendredi 30 juin 2023, par marc


Le post-punk anglais avec morgue est un genre très particulier dans lequel les Londoniens de Squid s’étaient distingués. Il faut dire que ce substrat est utilisé dans tellement de contextes pour tellement de résultats, de Bloc Party à Black Country New Road en passant par Art Brut qu’on peut le décliner de bien des façons.

Et Squid balaie à lui seul une belle partie du spectre, allant même tutoyer la pop sur Swing (In a Dream) mais il y a tellement de couches que c’est une fausse impression, on n’entendra pas ça à la radio. Mais ce n’est pas leur virage mainstream, il y a encore des éruptions bien senties sur Devil’s Den. Puis ils passent à un Siphon Song plus apaisé, d’un psychédélisme très Atom Heart Mother (les chœurs) qui supporte des montées bien senties. Le tout sur un morceau de moins de 6 minutes qui nous fait voir du pays

Tout n’est donc pas abordé avec le doigt dans la prise mais il y a toujours un vrombissement, tapi, un groove paradoxal, voire un côté presque festif alors que le chanteur semble enfiler sa camisole sur The Blades. Ils craquent donc le moule, sachant qu’ils ont aussi gardé leur capacité à maintenir la tension quoiqu’il arrive. Les turbulents Squid confirment donc toutes les belles dispositions découvertes sur leur premier album. Leur technique souveraine leur permet de moduler un genre faussement étroit à l’envi et réussir à peu près tout ce qu’ils tentent.

    Article Ecrit par marc

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