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Swans – The Beggar

lundi 3 juillet 2023, par marc


Maintenant je me sens optimiste. Ma couleur préférée est le rose. J’espère que vous allez apprécier cet album.

Ce n’est pas le genre de citation qu’on attend de la part de Michael Gira pour présenter ce The Beggar. Certes, on n’attendait pas un aphorisme désespéré, mais quand on connait Swans et leur aura de danger, il y a de quoi être un peu intrigué. Mais rassurez-vous, même si les changements de styles ont été nombreux sur plus de 40 ans d’existence, ceci n’est pas un virage vers de la pop sucrée (ce qui serait amusant, convenons-en).

Cet album a d’abord été présenté sous forme de morceaux acoustiques à un public de souscripteurs. Ils ont depuis apporté un peu plus de chair et on note au passage le renfort de Ben Frost, compositeur australo-islandais qu’on a retrouvé aux manettes des BO de séries brillantes mais un rien opaques comme Dark ou 1899.

On est arrivés tard dans l’imposante discographie de Swans (largement explorée depuis). Ce qu’on a découvert était un savant mélange de plaisirs qu’on ne pensait pas conciliables. L’ampleur épique de Godspeed, les vibrations sulfureuses du néo-folk. Mais fidèle à sa citation liminaire, cet album se fait un peu plus lumineux.

Et de fait, Michael Is Done est un morceau très aéré et on note avec Los Angeles : City Of Death un morceau presque pop en leur chef. Enfin, si Nick Cave ou The Devastations sont votre type de musique pop quoi. De l’intensité dans un format compact, que demande le peuple ? Il faut le dire tout de suite aussi, c’est le seul exemple de morceau court ici.

Il y a forcément une ampleur remarquable tout au long de ces deux heures de musique. Paradise Is Mine fait partie de ces morceaux répétitifs, lancinants, longs qu’on attend d’eux. Banger irrésisible qui, s’il n’atteint pas son point de fusion ultime, ménage quelques belles émotions. Pareil pour la plage titulaire qui propose une belle fausse accélération. Cette tension peut s’installer à vitesse plus élevée et constante sur The Memorious. Parfois aussi, le morceau reste au sol comme Unforming. Il faut forcément rentrer dedans, pour que tout se mette en place, pour que l’effet soit maximal. Pas étonnant dès lors que la perception ne soit pas constante, entre les albums bien évidemment (Glowing Man étant apparu plus saignant que Leaving Meaning), mais aussi entre les écoutes du même album.

No More of This est un morceau typique de fin d’album avec la sensation qu’ils prennent congé de nous. C’est lui qui conclut le vinyle mais, étrangement, pas le cd ou la version numérique. Et puis il y a The Beggar Lover (Three), morceau de près de 44 minutes, soit la taille réglementaire d’un album qui propose aussi bien de la déclamation que des passages de drone et beaucoup de variations pour un résultat qui évite le terrorisme sonore.

S’il y a une constante dans les 40 ans de carrière de Swans, c’est bien le mouvement. L’état d’esprit positif de Michael Gira transparait sur cet album qui garde son pouvoir de fascination. Cette œuvre rappelle l’aspect unique de la formation.

    Article Ecrit par marc

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