mercredi 18 octobre 2023, par

Wilco fait partie de ces groupes qu’on suit sans être des fans indécrottables. Par exemple, une critique n’avait pas pu être formée pour un Cruel Country pourtant de bonne facture. Il faut en effet soit un contexte favorable soit ce ’petit plus’ qui peut distinguer un album d’un autre. Comme vous lisez ceci, vous pouvez déjà déduire qu’il y a des motifs de satisfaction sur ce treizième album produit par l’épatante Cate Le Bon.
Si on connait bien leur style, on sait aussi que leurs albums peuvent être fort différents dans le ton. Ils reviennent donc à un peu plus d’amplitude et de psychédélisme. Ça tombe bien, c’est ce qu’on avait apprécié chez eux en les découvrant via A Ghost Is Born. Pas de guitare échevelée cependant ici, le ton est tout sauf flamboyant, il faut même une part d’investissement pour passer outre une première impression presque terne.
Comme Midlake, c’est un groupe qui a un bagage tel qu’ils ne semblent guidés que par leurs envies et la qualité des morceaux, ils peuvent assumer à peu près n’importe quoi. Et ils se servent de cette précision folle pour rendre les contours plus flous encore. Sunlight Ends semble ainsi prendre ses aises. Au contraire, ils peuvent se faire un peu plus incisifs comme du Spoon (Cousin). Les deux façons ne s’annulent pas mutuellement d’ailleurs
Il faut des morceaux qui tiennent tous seuls pour que ça fonctionne, on ne peut pas se contenter de compenser un morceau bancal par des idées d’arrangements. Soldier Child est ainsi très solide et si la balade Ten Dead se suffirait à elle-même, ils la rehaussent d’un chorus qui ne va pas jusqu’à sa résolution. C’est d’autant mieux vu que ce morceau parle de cette banalité des shootings de masse. Dans ce contexte, la fin se fait poignante.
Album un peu plus fouillé et aventureux, il rappelle à quel point Wilco peut se dépasser comme sur le lancinant A Bowl and a Pudding ou le presque euphorique Meant To Be. Sans susciter une folle émotion, ce nouvel album de la bande de Jeff Tweedy fait partie de la part la plus gratifiante de leur discographie.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être râpeux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)