vendredi 11 septembre 2015, par

Découverte et éclectisme aujourd’hui avec les Italiens déjà bien éclectiques eux-mêmes de The Shape, l’electro intense de Jeanne Added et les belles ténèbres de Chelsea Wolfe.
On ne peut pas dire que les albums rock de groupes italiens nous arrivent par paquets. Heureusement, Five Roses est là pour nous en faire parvenir de temps en temps comme celui-ci sorti dans la péninsule l’an passé. Une des qualités de The Shape est sans aucun doute sa versatilité. Le premier morceau monte déjà, se stabilisant dans un rock langoureux avec quelques accents hispanisants. Le plus musclé Vacuum Eye rappelle des choses comme Cursive qui aurait la voix de Laurent Leemans (faites un effort quoi).
Cette voix assez chaude permet d’ailleurs d’assurer tous ces genres. Ancient Woman sonne comme un antique Strangelove avec un petit riff aigu qui pourrait en remontrer à Interpol. D’autres noms viennent de façon aussi disparate à priori que Faith No More (The Swan) ou Mumford and Sons (Susnshine). Et le tout est servi avec une belle santé, quelques guitares psychédéliques et des morceaux qui s’arrêtent avant de repartir. De quoi en faire un album bien agréable vous l’aurez deviné.
C’est un fait connu et maintes fois vérifié bien ne sont pas les albums qu’on à beaucoup écoutés qui sont les plus faciles à commenter. Arrivé précédé d’une flatteuse réputation, le premier album de la Française Jeanne Added s’est en effet imposé dans nos oreilles avec une facilité dérisoire.
Il faut dire que cette musicienne jazz de formation fait montre d’un bel abattage et aussi d’une voix puissante, à l’aise quand il faut mettre de l’intensité sur Look at Them ou Suddenly. Produit par Dan Lévy de The Dø, on retrouve la même versatilité et facilite mélodique que chez le duo franco-finlandais (Night Shame Pride). Mais tout est plus rentre-dedans, plus gorgé de beats (Back to Summer, It), moins alambiqué et sophistiqué que chez Gazelle Twin ou Fever Ray à qui on pense aussi occasionnellement.
Finalement, on s’est surpris à écouter bien souvent ce Be Sensational parce que mine de rien, on n’entend pas souvent d’albums electro à la fois simples et variés, chantés avec autant d’a-propos. Les réputations sont parfois bien justifiées
Lourd, pesant, sombre mais très beau. Voilà en quelques mots résumée l’impression que laisse le dernier album de Chelsea Wolfe. Vous pouvez reprendre une activité normale. Meuh non, restez.
Les hostilités ne trainent en tout cas pas puisque dès Carrion Flowers, dès la guitare lourde sur Iron Moon, ça gronde, on sent les secousses telluriques, les couches de peur. Parce qu’au contraire de groupes à grosse guitare et à chanteuse (genre Epica ou Evanescence), il y a une grosse intensité qui n’est pas décorative. On peut d’ailleurs la placer dans une grande lignée de chanteuses hantées qui va de Beth Gibbons (The Abyss, Dragged Out) à Sharon Van Etten, voire même passer pour une version dark de Marissa Nadler (Crazy Love).
On retrouve cette urgence qu’on avait perdue chez PJ Harvey sur Grey Days, un morceau magnifique qui passe en revue toutes ses possibilités, entre passages de guitares bien intenses et apport de violon pour aérer l’ensemble. Parce que non, tout n’est pas suffocant ici. Elle peut aussi laisser une ambiance plus lente s’installer (Maw), se faire plus éthérée (Simple Death) et laisser sous ce calme couver quelques éruptions bien senties (Iron Moon).
Un album sombre ou un film d’épouvante ont la même obligation : celle de nous faire croire à l’histoire, sans quoi le frisson se transforme en rire. Cet album sombre, puissant et insidieux n’est sans doute pas à conseiller à toutes les oreilles mais si l’intensité est une valeur première et si les talents féminins singuliers vous attirent, Chelsea est là pour vous.
On vous avait déjà parlé de l’éclectisme des Allemands Sparkling et si cette caractéristique se retrouve toujours, ils ont sensiblement déplacé le curseur. Exit la composante post-punk ou les allusions à Wire, le virage est plus pop. Et réussi comme on va le décrire.
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