lundi 6 juin 2011, par

La fête c’est du sérieux
Quand on joue, il est souvent bien plus amusant de le faire sérieusement. Il n’y a qu’à voir quel zèle on peut mettre dans ses hobbies (vous en lisez l’illustration en ce moment-même). Les exemples foisonnent littéralement. On sait que le rire réclame beaucoup de travail et de patience de la part des réalisateurs, acteurs, humoristes ou écrivains. De même, un petit match sans enjeu est toujours plus motivant qu’une séance de pousse-baballe. C’est peut-être ce qui a poussé inconsciemment Battles à nous livrer une fantaisie à la rigueur militaire (on dirait du Bashung). La pochette n’est peut-être pas appétissante mais elle est rose flashy, ça peut donner une idée, même vague, du contenu plus ludique.
Entre deux mondes, plus intellectuel dans la construction et la technique vraiment irréprochable, Battles a choisi de ne pas choisir. Et puis l’euphorie, une envie, ça ne se contrôle pas. A mille lieues de délires prog à la Mars Volta (pour moi vraiment crevants), ils créent un genre assez rare, profitant de leur maitrise pour servir une musique ludique d’aspect mais construite avec rigueur. La technique au service de la fête si vous voulez. Bon, si vous ne connaissez pas encore ces sérieux drilles, ne vous attendez pas non plus à lancer une farandole à tout bout de champ à l’écoute de cet album qui reste gentiment barré, et sur lequel il reste de nombreux vestiges de morceaux moins ‘faciles’ comme Rolls Bayce. Tordus que nous sommes, on n’y voit que la satisfaction d’être toujours un groupe à la pointe.
Cette batterie, à la frappe entêtante mais pas lourde, est une fois encore au centre des débats, et son abattement ne se dément jamais, même si le morceau qu’elle supporte n’est pas toujours à même de nous enflammer. On pense notamment aux petits interludes instrumentaux qui aèrent l’album. Quand ils s’aventurent dans des sons de foire malsaine, on n’est pas très loin d’un Animal Collective sous amphés (Sundome) et on se rappelle que dans leurs meilleurs moments, la bande de Brooklyn arrive elle aussi à mélanger une certaine recherche avec une euphorie bienvenue.
Les voix trafiquées sont moins présentes ici, ce qui est logique vu qu’ils ont invité des compagnons de jeu, sans doute pour compenser le départ du multi-instrumentiste Tyondai Braxton. On retrouve donc Kazu Makino, la voix de Blonde Redhead, le revenant Gary Numan sur My Machines ou encore Yamantaka Eye sur le plus fastidieux Sundome. Et quand Ice Cream reçoit le renfort de Mathias Aguayo, on n’est pas loin d’un Vampire Weekend en forcément plus solidement charpenté.
Les nouveaux dinosaures du post-rock ne nous ont pas enflammés cette année (on en va pas y revenir 102 ans non plus…), on accueille donc avec bienveillance cette petite giclée d’euphorie et d’énergie. Sans doute que cet album est moins abouti ou brillant que ceux qui ont précédé, mais la ferveur avec laquelle ils organisent la fête nous oblige à nous amuser.
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