lundi 10 juillet 2023, par

On n’était pas prêts, personne ne l’était. A la lecture des évocations à l’arraché, rien n’était préparé du côté de la presse. Des fans non plus. Bon, on ne va pas tenter de retracer sa carrière ici, ni faire une exégèse d’une compilation. Non, on va rappeler l’existence de ce Best-Of dans un but de service public.
S’il est bien une posture qui lui est opposée, c’est celle du cynisme commercial. Murat et best-of ne sont pas des termes qui vont ensemble. Non que sa discographie manque de réussites, elle en est plutôt constellée, mais tout qui a eu la chance de le voir en concert sait que la setlist facile, ce n’était vraiment pas le genre de la maison. Le plus grand représentant sur ce site (la liste est en-dessous) est forcément très très chers à nos cœurs et étant donné sa productivité, c’est peu dire que le vide sera grand. On a compris que beaucoup avaient décroché, on est d’autant plus fiers d’avoir suivi patiemment ses méandres, être déconcertés par Jean-Louis est un plaisir en soi.
On ne donc pas décortiquer la sélection. Surtout que la version dont on parle ici est celle du vinyle (20 titres), les autres étant plus copieuses encore (40 titres). On se bornera à constater que les albums les plus représentés sont Les Manteaux De Pluie, Dolorès et Mustango, ce qui semble logique.
Tout est beau, évidemment, mais quelques morceaux sont carrément sublimes. Pour n’en citer que certains, Je Me Souviens, L’Ange Déchu, Le Train Bleu sont quand même au firmament de la chanson française. On pourrait presque envisager de remplacer les deux tiers des morceaux et toujours présenter un double album de qualité égale. Parce qu’en familiers de son œuvre, on aime aussi les chemins de traverse, ces Parfum d’Acacia au Jardin, ces Live in Dolorès, Muragostang, Live en Plein Air, Charles et Léo. Il restera encore bien des choses à découvrir donc pour ceux qui aborderont l’iceberg Murat par son côté émergé.
Rappel poignant pour certains dont nous sommes, introduction indispensable pour d’autres on l’espère, ce best-of n’est pas une œuvre définitive. Partant de l’idée que rien ne peut vraiment donner une image complète d’une discographie et d’une personnalité aussi multiples, il propose un tour du propriétaire d’un des artistes les plus marquants qui soient.
Pour prolonger le plaisir, voici la liste des critiques publiées ici (par ordre chronologique)
Lilith (2004)
A Bird On a Poire (2004)
Parfum d’Acacia au Jardin (2004)
Москва (2005)
1829 (2005)
Taormina (2006)
Charles et Léo (2007)
Tristan (2008)
Le Cours Ordinaire des Choses (2009)
Grand Lièvre (2011)
Toboggan (2013)
Babel (2014)
Morituri (2016)
Travaux sur la N89 (2017)
Il Francese (2018)
Baby Love (2020)
La Vraie Vie De Buck John (2021)
Les EP ont parfois cette fonction de prendre des nouvelles des artistes de temps en temps (même si on le lit souvent ici). Comment va Centredumonde en cette fin 2025 ? Je dirais ‘bien’. Mieux que ça serait suspicieux de toute façon. Son énergie est là, c’est manifeste. S’il est illusoire d’écouter ce Moteur Étrange comme motivateur, il s’en dégage une vitalité paradoxale.
Sur Camarde, (…)
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